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VALEUR COMPARÉE DES DEUX MÉTHODES

Maintenant que nous avons étudié la chirurgie thymique d’une part et la radiothérapiethymiqued’autre part, il nous reste à comparer la valeur de ces deux.

méthodes thérapeutiques. Résumons donc en premier

lieu les avantages de lachirurgie, puis ses inconvénients,

et procédons de la même façon pour la radiothérapie.

La thymectomie sous-capsulaire sub-totale, seule

opération à pratiquer à notre époque esl d’une exé-

cution facile et est très bien supportée par les enfants

la plupart du temps. C’est, d’autre part, une intervention pouvant être menée très rapidement et qui ainsi permet de sauver d’une manière indubitable des enfants dont l’état excessivement grave ne pourrait bénéficier d’une autre thérapeutique moins rapide et chez lesquels il est indispensable d’agir vite. C’est donc une méthode d'urgence très précieuse.

Les dangers qui sont minimes résident dans l'infection post-opératoire toujours possible et qui peut se manifester en particulier sous la forme d’affections broncho-pulmonaires plus ou moins graves. Mais, ce qui en réalité constitue le gros défaut de la chirurgie thymique c’est l'obligation absolue de faire un diagnostic d’une exactitude rigoureuse. Alors qu’en chi-

rurgie abdominale, par exemple, on peut à la rigueur se passer d’un diagnostic parfaitement juste, en se

disant qu'on se comportera de telle ou telle façon suivant ce que fera découvrir la laparotomie, il n’en est plus de même pour le thymus. Il faut que le diagnostic soit certain. Or, ce diagnostic est parfois très difficile à poser, et on sait, pour l’avoir vu au chapitre [, toute la difficulté qu'il y a quelquefois à différencier une hypertrophie du thymus d’une adénopathie trachéobronchique. Beaucoup s’y sont trompés et nous n'ignorons pas tout le danger de l'intervention chirurgicale en cas d'erreur de diagnostic.

; l ' ; } La radiothérapie a une action très puissante sur le thymus et de plus elle échappe à ce danger créé, lorsqu'on opère, par une erreur de diagnostic. Bien mieux, qu’on soit en présence d’un gros thymus ou de volumineux ganglions bronchiques, son action est toujours la même et la régression de la tumeur n’est pas moins

nette dans l’un ou l'autre cas, De plus, les dangers d’in-. fection ne peuvent exister el ne sont pas à craindre:

comme à la suite de l'intervention chirurgicale.

Mais, par contre, la radiothérapie se trouve être parfois une méthode trop lente, qui ne peut être employée dans certains cas pressants où la mort du

petit malade est imminente. Parfois aussi, son action

est nulle ou semble nulle sur la glande thymique

hypertrophiée, La chirurgie doit alors dans ces deux.

cas venir prendre la place des rayons trop lents ou

impuissants, Enfin, il ne faut pas oublier que la radio: thérapie est dangereuse chez les enfants, et que cette.

thérapeutique nécessite de la part du radiologiste une grande prudence : lés grands accidents à allure infectieuse,le chloléra thymique emportant d’une façon foudroyante et inattendue les enfants traités par cette méthode, les accidents méningés dont ils sont parfois atteints, toujours à la suite de séances radiologiques,

montrent combien cette thérapeutique par les rayons est délicate à manier, et combien elle peut se comporter comme une arme très redoutable.

‘Aussi, étant donné ces arguments, sommes-nous loin de pouvoir trancher le différent existant entre chirurgiens d’un côté, et radiologistes de l’autre. Olivier, dans sa thèse, en 1911, plein d'enthousiasme pour la méthode deson maître M. Véau, concluait quela chirurgie du thymus était une thérapeutique absolument parfaite. Crémieu, un an après, dans sa thèse sur la radiothérapie thymique tranchait la question d’une manière non moins nette et déclarait qu’à part des cas véritablement exceptionnels la radiothérapie constituait le traitement de choix de l’hypertrophie du thymus.

- Ce n'est pas, on le sait, au lendemain de la découverte d’une méthode toute nouvelle que l’on peut juger définitivement de la valeur de cette méthode. Il faut attendre que les années passant les observations se fassent de plus en plus nombreuses pour conclure à la supériorité de telle thérapeutique sur telle autre. Or, depuis l'apparition des thèses d'Olivier et de Crémieu, plus de dix ans se sont écoulés. Malgré la gêne apportée par la guerre à l'observation médico-chirurgicale infantile, on a vu souvent les deux méthodes se trouver en présence, on a pu comparer : aussi n'’esl-on plus aussi affirmatif dans les milieux scientifiques que l’étaient Olivier et Crémieu. A l'heure actuelle, on trouve peu de personnalités compétentes, connaissant bien la question, pour prôner une méthode en mettant l’autre au second plan. Comme en thérapeutique générale le traitement à instituer sera variable suivant le cas: il n'y a pas de maladies, il n’y a que des malades. Il n'y a pas un lraitement unique, il y en a plusieurs, ayant chacun ses caractéristiques, que l’on devra employer

au mieux du malade. D'ailleurs, la plupart du temps, la thérapeutique ne vaut que par celui qui la fait : pour une hypertrophie thymique a-t-on un excellent chirurgien : c’est à lui que l’on confiera son malade. A-t-on, au contraire, un radiologiste distingué: ce sera alors à lui que reviendra le soin de guérir. Ce sera toujours au médecin trâitant d’être assez judicieux pour savoir à qui adresser son petit malade, pour décider s’il le fera opérer ou au contraire traiter par les rayons.

: On voit donc, qu’au point où en sont les connaissances médicales sur la question, il est difficile de conclure en faveur de l’une ou l’autre méthode, et, comme nous le disions dans notre introduction, on ne peut que souhaiter que les faits à l’avenir deviennent de plus en plus nombreux, les observations de plus en plus précises pour permettre de trancher un jour la ques tion d’une façon définitive.

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