‹ Chirurgie journalière des hopitaux de Paris (volume 2)Chapitre 143 sur 147 · AFFECTIONS DES FOSSES NASALES ET DE L'ŒSOPHAGE · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DES FOSSES NASALES ET DE L'ŒSOPHAGE

a. polypes muqueux. — Méthode par excision. — Opérations complémentaires. — C'est la méthode par excision, méthode plus sûre, mieux réglée et plus parfaite, selon lui, que préfère de beaucoup M. Terrillon (1). Elle est de création moderne, et on peut dès à pré-

(1) Terrillon, Bull, de thér., 30 décembre 1874.

sent prévoir les services nombreux qu'elle est appelée à rendre dans la pratique chirurgicale, bien que son application soit un peu plus minutieuse que les autres procédés en cours jusqu'ici et qu'elle nécessite une certaine adresse de la part du chirurgien.

Il emploie, pour cette méthode, le petit spéculum et la pince à anneaux modifiée ainsi que le polypotome de Wilde (2), instruments dont nous avons indiqué les avantages et le manuel opératoire. La répullulation de ces tumeurs qui est si fréquente est une chose sur laquelle il insiste tout spécialement et qui mérite d'être prise en sérieuse considération. Cette répullulation, dit M. Terrillon, peut se faire de deux façons différentes, sur lesquelles les auteurs ne sont pas encore fixés : tantôt des polypes, trop petits pour être enlevés, existent sur la muqueuse voisine du lieu de l'opération et se développent ensuite : tantôt, au contraire, la muqueuse bourgeonnerait au niveau de la plaie laissée par l'opération et de ce bourgeonnement exagéré naîtraient de nouvelles tumeurs. Autrefois, avant l'emploi du spéculum, on se contentait de faire, dans les fosses nasales, des injections astringentes ou légèrement caustiques, mais qui étaient impuissantes à détruire le germe des polypes et pouvaient devenir nuisibles pour la muqueuse saine.

Actuellement, grâce à cette facilité qu'on a pour voir le point d'implantation ou y conduire des instruments, on peut, suivant M. Terrillon, agir plus sûrement, plus activement, ne faire que l'indispensable, rien de trop et avoir recours à des opérations complémentaires qui achèvent la guérison.

On peut porter directement au moyen de pinceaux minces ou d'instruments variés des poudres (tannin), des caustiques liquides (acide chromique ou acétique, solution de nitrate d'argent, perchlorure de fer).

Sûreté et innocuité de l'opération, peu de douleur pour le malade, emploi des moyens (poudres ou liquides) directement appliqués et énergiques empêchant la reproduction si fréquente de ces tumeurs, tels sont les principaux avantages que présente cette méthode par excision que l'on doit préférer pour l'ablation des polypes muqueux des fosses nasales.

b. RÉTRÉCISSEMENT ET CORPS ÉTRANGERS DE L'CESOmAGE. — Dilatateur de Trousseau. — Bougies cylindro-coniques du docteur Bouchard. — Résonnateur de Collin. — M. Terrillon, pour les rétrécissements de l'œsophage, emploie surtout la dilatation progressive et fait usage

(1) Voy. le service de M. le Dr Terrier.

AFFECTIONS DES FOSSES NASALES ET DE L'ŒSOPHAGE. 749 soit du dilatateur œsophagien de Trousseau, soit de la série de bou-

Fig. 665. — Bougie cylindro-conique Fig. 666. — Dilatateur de Collin et rédu D1 Bouchard. sonnateur métallique servant à con-

stater la présence des corps étrangers dans l'œsophage.

gies cylindro-coniques (fig. 665) du Dr Bouchard que nous avons

déjà décrites. — Il conseille également de faire usage du Résonnât 'eur de Collin (fig. 666) pour explorer l'œsophage dans le cas de corps étranger métallique de ce conduit, ■ — cet ingénieux instrument se compose d'une tige terminée par une olive et d'un réservoir creux situé à l'extrémité manuelle et résonnant au contact des métaux.

5° SEPTICÉMIE. - ALGIDITÉ DANS LES HERNIES.

a. septicémie. — Injections antiseptiques. — C'est sous le nom de septicémie aiguë à forme gangreneuse (J) que M. Terrillon désigne cette complication redoutable des plaies, caractérisée localement par l'œdème, l'emphysème, la gangrène et la teinte bronzée. Elle a reçu les dénominations de gangrène foudroyante, pneumohémie putride (Maisonneuve), érysipèle bronzé (Velpeau), emphysème gangreneux, intoxication traumatique (Chassaignac), œdème aigu purulent (Pirogoff), infection putride aiguë (Perrin). Les injections antiseptiques recommandées par ce dernier auteur sont également celles que M. Terrillon préconise.

b. algidité dans les hernies. — Rapport entre son degré et le siège de l'étranglement. — Demarquay avait pensé que le degré d'intensité de l'algidité dans l'étranglement herniaire était d'autant plus prononcé que l'étranglement portait sur une région d'intestin grêle plus élevée : il croyait qu'il fallait en rechercher la cause dans la richesse nerveuse de cette partie du tube intestinal. Il fit des expériences d'où il crut conclure que l'abaissement de la température était d'autant plus marqué que la constriction se rapprochait davantage du duodénum. M. Terrillon a répété ces expériences et n'est pas arrivé au même résultat (2), car, sur huit chiens sur lesquels il produisit la constriction intestinale, il ne s'est pas manifesté d'abaissement de température appréciable. Le degré de refroidissement ne peut donc servir à diagnostiquer la hauteur à laquelle l'intestiu se trouve étranglé.

(1) Terrillon, Arch. gén. de méd., février 1874.

(2) Terrillon, Bull, de la Soc. dur., octobre 1874.

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