LÈVRES
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a. Épulis (fibreuse, fibro-plaslique ou myéloplaxique). Excision. — Cautérisation. — Conservation des dents et du maxillaire suivant les cas. — L’ablation de la tumeur est le traitement le plus rationnel, car, dans ce cas, les caustiques ne sont pas aussi faciles dans leur application et sont extrêmement douloureux. — Après en avoir pratiqué l’excision à Laide de l’instrument tranchant, on examine la surface d’implanlation de la tumeur, et, si c’est sur une ou plusieurs dents que s’est greffé le produit morbide, on en fait en même temps l’extirpation.
Si la tumeur s’implante sur le bord supérieur de la mâchoire, il est probable qu’elle l’envahit dans une certaine étendue, surtout si les dents ne sont pas seulement repoussées en avant, mais mobiles : il faut alors, de toute nécessité, sacrifier une partie de cet os (en laissant un pont subsister entre les deux moitiés), sinon la totalité de sa hauteur. — On sectionne d’abord la muqueuse et le périoste en circonscrivant la tumeur par une incision transversale et deux autres verticales (en avant; et en arrière), puis on se sert de la pince de Liston (tig. 83) et, si l’os résiste, de la gouge et du maillet. La triquoise, diffère des cisailles en ce que les lames tranchantes ne se superposent pas, mais arrivent (tig. 84) simplement au contact : elle coupe avec plus de netteté et, pour faire ces résections partielles, rend de grands services à cause de son énorme puis- M. Broca rugine alors la surface de section osseuse afin
Fig. 83. — Cisailles de Liston .
d’éviter ultérieurement l’excoriation de la pointe de la langue.
Ce néoplasme est un des moins graves, mais il y a toujours à craindre la récidive; aussi vaut-il mieux, après la résection employer la cautérisation profonde et périphérique avec le fer rouge en ayant soin de protéger les régions muqueuses périphériques avec une plaque de bois.
Fig. 85. — Aiguille de Thierry.
Fig. 86. — Manche à tube carré pour manœuvrer l'écrou de l’aiguille d'Alex.
Thierry.
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t- VI, p. SGG, 1855.
Ja lèvre, après la suture dans une gouttière de caoutchouc vulcanisé qu’on fixe au moyen de deux fils noués en rosette sur l’épingle nasale de Dieffenbach ou celle de Thierry (fig. 85 et 86). Ce procédé, appliqué pour 1» première fois en 1854 en présence de M. Monod, a donné un beau succès. Depuis lors, M. Broca l’a appliqué dans tous les cas de bec-de-lièvre compliqué qu’il a opérés, et sur neuf opérations il a obtenu sept succès.
c. Polype fibreux des fosses nasales. — Serre-nœud à bout articulé. — M. Broca a fait construire un serre-nœud (fig. 87) différent du serre-nœud de de Græfe, en ce que son extrémité A est articulée de façon à pouvoir quitter la direction de la portion principale de l’instrument pour lui devenir perpendiculaire. Cette disposition est avantageuse quand le serre-nœud doit traverser une narine très-étroite.
d. Ozène. — Injections antiseptiques. Siphon de Th. Weber. — M. Broca fait usage dans les affections nasales, lupus, ozène, coryza chronique syphilitique, eczémateux ou autre, d’injections antiseptiques destinées à combattre l’odeur pénétrante que répandent les malades atteints de cette dégoûtante infirmité, et aussi à modifier les surfaces ulcérées qui produisent une sanie ichoreuse incessante : mais il donne surtout la préférence à la solution alcoolo-phéniquée ou chloralée au 1/100. Il les fait pratiquer avec une canule ajustée à un simple irrigateur. Le siphon de Thomas Weber (fig. 88) dont le Dr Constantin Paul (1) a vulgarisé l’emploi est un appareil des plus commodes et des plus utiles pour pratiquer l’irrigation nasale ou naso-pharyngienne. Il se compose d’un tube en caoutchouc T, de lm,50, d’un petit tube recourbé en cuivre ou en caoutchouc durci qui s’applique sur le bord du récipient Y, et d’un tube de caoutchouc de 20 centimètres de long destiné à plonger dans le liquide. Enfin l’extrémité nasale du tube se termine par une ampoule c de corne (Weber), de verre (Fauvel) :
Le jet du liquide dirigé dans l’une des narines revient par l’autre, et pour cela il ne faut pas que ce jet soit projeté avec force : l’orifice postérieur des fosses nasales se ferme spontanément par la
(1) Constantin Paul, Note sur l'irrigation nasale ou naso-pharyngienne et de son application aux affections aiguës et chroniques des fosses nasales (Bu/J. génér. thérapeut. 30 août 1874).
Fig. 87 . — Serre-nœud ù bout articulé de Broca.
■ AFFECTIONS DES GENCIVES. li'j
contraction active du voile du palais et celle du consliicteut supérieur du pharynx. M. Constantin Paul a adopté les injections d’eau tiède à 35 ou 36° contre le coryza aigu, etill’avu guérir rapide-
Fig. 88. — Siphon de Weber.
ment : le mal de tête disparaît souvent à la première douche. Ce médecin conclut donc, et nous concluons avec lui, que l’irrigation naso-pharyngienne est une opération des plus simples et qu’elle est applicable non-seulement aux cas menaçants ou graves, mais encore aux affections les plus légères, en un mot qu’elle doit faire partie de la pratique journalière de la thérapeutique.
Trachéotomie. — Canule à soupape. — MM. Gaujot et Spillmann (I) décrivent une canule (canule de Broca, (fig. 89) destinée à laisser passer l’air dans le larynx et à permettre la phonation. CeLte canule présente sur sa courbure une ouverture
(1) Gaujot etSpillmann, Arsenal de la chirurgie. Paris, 18G7.
Gillette.*— Chirurgie jour h, 10
arrondie laissant l’air passer dans la cavité laryngienne quand l’extrémité antérieure est close. A cette extrémité antérieure s’applique une petite pièce mobile B renfermant une soupape C dont l’occlusioii est réglée au moyen d’une vis A qui vient s’arc-bouter contre un petit levier D. En fermant plus ou moins cette soupape, on force l’air à passer plus ou moins dans le larynx. Lorsqu’on a pu laisser la soupape fermée pendant plusieurs heures ou plusieurs jours, sans Fig. 89. — Canule à soupape accident, on a la certitude de pouvoir limitée de Broca. enlever la canule sans danger, puis-
qu’on reste assuré que le passage de l’air par les voies naturelles est devenu facile et suffisant.