‹ Chirurgie journalière des hopitaux de ParisChapitre 9 sur 213 · M. LE PROFESSEUR RICHET · texte numérisé non relu

M. LE PROFESSEUR RICHET

1° MALADIES DE L’ANUS ET DU RECTUM

a. Rétrécissement du rectum. — Écrasement par emporte-pièce. — Il se présente souvent non pas sous la forme d’une simple coarctation mais sous l’aspect d’un canal rétréci de 3 à 4 centimètres de longueur. — Il se rencontre fréquemment chez des sujets syphilitiques ; mais, de môme que ies rétrécissements uréthral et œsophagien, il ne guérit jamais par un traitement spécifique. — ■ A la gêne mécanique produite par la diminution de calibre de l’intestin, vient s’ajouter une irritation, une inflammation de la muqueuse, située au-dessus, qui devient mamelonnée et détermine des souffrances chez le malade.

M. Richet n’emploie pas les dilatateurs : ( dilatateur à trois brancheè de Démarquai/ , dilatateur d’ Huguier fondé sur le même principe que celui de Perrève pour les rétrécissements uréthraux, dilatateur de Nélaton n’agissant pas sur l’orifice anal), parce que ces instruments, assez difficiles à manier, peuvent, si on dépasse certaines limites, faire éclater les parois du rectum et donner lieu à

(I) 1844, chirurgien du bureau central. — 1848, hôpital deLourcine. — 1850, hôpital Bon-Secours. — 1854, hôpital Saint-Antoine. — 1858, hôpital Saint-Louis. — 1863, hôpital de la Pitié. — 1868, hôpital des cliniques. — 1 87 '2, Hôtel-Dieu.

Gillette. — ■ Ckwurfjie journ . ' I

HOTEL-DIEU. — LE PROFESSEUR RICHET

une fissure conséculive remontant très-haut et à la péritonite, complication si à craindre, clans le traitement de cette affection. — Le rectotome d’Amussat et celui de M. Tillaux fondé sur les mômes principes que l’uréthrotome de Giviale, ne font que des scarifications le plus souvent insuffisantes si le rétrécissement a une épaisseur un peu considérable : aussi ce professeur applique-t-il l’écrasement à la thérapeutique de ces rétrécissements.

Il emploie, à cet effet, son éc raseur emporte-pièce (1) : cet instrument (fig. 1) se compose de deux tiges dont l’une glisse à frottement dans la cannelure de l’autre et qui sont terminées par deux plaques

horizontales dont la supérieure est un anneau armé de dents, accrochant la paroi supérieure du rétrécissement, dont l’inférieure est pleine et correspond à la paroi inférieure de ce dernier : ces deux plaques, en se rapprochant au moyen d’une vis qui termine l’appareil, écrasent et enlèvent une partie du rétrécissement. — Il emploie, immédiatement après, la dilatation à l’aide de la boule olivaire dont on fait usage dans le cas de pertes séminales. — C’est surtout dans les rétrécissements valvulaires que cet instrument trouve son application.

b. Fissure anale. — Dilatation. — M. Richet distingue à cet effet : 1° la fissure proprement dite (sans tumeur hémorrhoïdaire) qui ne peut guérir sans une opération s’adressant au sphincter luimême et c’est la dilatation cruciale faite avec les doigts qu’il préfère; 2° l’ulcération s’accompagnant de tumeur hémorrhoïdaire et donnant lieu, comme conséquence, à des douleurs rebelles et à la contracture sphinctérienne : dans ce dernier cas, on peut espérer une guérison en s’adressant à Fulcération (cautérisation, ratanhia), et surtout à l’hémorrhoïde (ablation, cautérisation).

c. Hémoriuioïdes. — Cautérisation par le fer rouge. Pmce-cautère écraseur. — La ligature extemporanée, l’écrasement linéaire, l’excision déterminant assez souvent, comme conséquence de l’opération, un rétrécissement, accident plus grave que l’affection ellemême, parce qu’on a pris tout le bourrelet à la fois; c’est la cauté-

(1) Saury, Thèse 18G8.

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