RMDEURS PERMANENTES PAR CONTRACTURE MUSCULAIRE
La région à laquelle on emprunte ce lambeau, les dimensions, la forme, le point d'insertion du p-^dicule de ce lambeau varient suivant les parlicula rilés inhérentes à chaque cas.
Dans ces conditions, nous avons coutume de tailler, sur la région des adducteurs du côté sain, un grand lambeau carré à pédicule suiiérieur, comprenant la peau et le tissu cellulaire sous-cutané. Le sujet est alors placé de telle sorte que les deux membres inférieurs se croisent obliquement, le membre sain en avant du membre malade, les organes génitaux pendant en arrière entre les cuisses. On réunit par une suture au crin de Florence la circonférence du lambeau à celle de la perte de substance.
Un pansement à la gaze stérilisée, recouvert d'ouate stérilisée, protège le lambeau et la plaie d'emprunt, qu'on réunit, elle aussi, le plus complètement possible par la suture ; puis les deux membres inférieurs, maintenus dans une situation telle que le pédicule du lambeau ne soit ni tendu, ni comprimé, sont fixés solidement dans cette attitude par de nombreux tours de bandes de toile, que l'on peut renforcer d'un appareil inamovible plâtré.
Au bout de 7 à 12 jours, on sectionne le pédicule du lambeau, on régularise ce pédicule en en diminuant un peu l'épaisseur, on en avive les bords, et, après avoir avivé aussi le bord correspondant de la perte de substance, on complète la réparation en adaptant à ce bord le pédicule avivé de la sorte.
Le temps le plus délicat de cette opération est la section ou l'excision de la cicatrice qui recouvre les gros troncs vasculaires situés dans le triangle de Scarpa. Quand la déformation est très ancienne, on peut avoir quelque peine à mettre la cuisse dans l'extension, même après libération complète de la cicatrice ; cela tient à la rétraction des muscles, dont on peut être obligé de pratiquer l'élongation brusque poussée jusqu'à la rupture d'un certain nombre de leurs faisceaux. On dirigera le traitement consécutif avec le plus grand soin, en fixant le membre dans l'extension permanente, au moins pendant la nuit et en lui faisant exécuter des exercices de mobilisation variés, pour éviter que la raideur et l'attitude vicieuse ne se reproduisent.
On obtient ainsi la guérison complète de la difïormité, par substitution d'un lambeau de peau saine à la cicatrice rétractile, qui déterminait les raideurs et l'attitude vicieuse.
§ 2. — Raideurs permanentes par contracture musculaire.
On a surtout l'occasion d'observer celte variété de raideurs de la hanche dans la coxalgie hystérique. Le traitement chirurgical dans les cas de ce
TRAITEMENT DES RAIDEURS PERMANENTES DE LA HANCHE
genre consiste, le malade étant placé clans Tanesthésie cliioroformique, à réduire l'attitude vicieuse, ce qui est généralement facile, et à placer en bonne altitude un appareil plâtré entourant le bassin et le membre inférieur jusqu'à la partie moyenne de la jambe ou même jusqu'aux chevilles.
11 n'y a aucun inconvénient à ce qu'on laisse marcher les malades avec cet appareil, pourvu que l'articulation coxo- fémorale soit fixée dans l'extension aussi complète que possible. Si la contracture des adducteurs était prédominante, on placerait le membre et on l'immobiliserait dans l'abduction. Un traitement médical approprié complétera l'action des appareils, qui, pour être suffisante, doit être prolongée pondant de longs mois.
§3. — Raideurs permanentes consécutives aux arthrites
de la lianche.
1° Arthrites traumatiques. — A la suite de traumatismes, fractures articulaires, entorses, même de simples contusions de la hanche, on peut voir des raideurs permanentes persister, soit du fait de l'existence d'un obstacle osseux, tel qu'un cal volumineux, soit par suite de rétractions ligamenteuses ou d'adhérences articulaires.
Dans ces cas, on peut obtenir, par un traitement judicieux, le retour des fonctions et le rétablissement d'une altitude favorable, surtout s'il s'agit d'un sujet jeune.
Il ne faut pas chercher à mobiliser brusquement l'articulation.
C'est par la gymnastique orthopédique, le massage, l'électrisation, l'hydro- Ihérapie chaude sous forme de douches, que l'on arrive petit à petit à rendre à l'articulation sa mobilité d'une façon plus ou moins complète.
La gymnastique orthopédique consiste en mouvements passifs ; pour les exécuter on peut recommander l'emploi des appareils dont dispose l'arsenal de la mécano-thérapie : tels les appareils imaginés par Krukenberg et par Zander, où le bassin est immobilisé et le membre inférieur fixé à un levier muni d'un contrepoids, et susceptible de se déplacer, en décrivant un mouvement de circumduclion plus ou moins ample, de telle sorte que l'articulation se trouve mobilisée lorsque le sujet ou le gymnaste met en mouvement le levier.
La mobilisation peut être obtenue sans l aide d'aucun ai)pareil par le gymnaste, qui imprime successivement au membre des mouvements d'adduction, de llexion, etc., le bassin étant immobilisé dans la me-ure du possible ; le poids relativement considérable du membre inférieur rend cette mobilisalion manuelle très fatigante: c'est la raison principale qui nous fait conseiller l'emploi des appareils mécaniques adaptés à ce but. Ces appareils ont