CHAPITRE II
m TERVEA riO.\S CHIRURGICALES APPLICABLES AU TRAITEMENT DU PIED BOT PARALYTIQUE
Il est possible par rintcrvenlion chii'argicale propremoiil dite de maintenir la correction obtenue et de s'opposer au renouvellement du déplacement. En immobilisant le pied sur la jambe par une arthrodèse, véritable ankylose opératoire, on peut permettre aux malades de marcher sur un pied immobilisé en bonne attitude, de beaucoup supérieur à un pied dévié ou à un pied ballant.
Cette intervention était jusqu'à une époque récente la seule ressource opératoire à laquelle on avait pu avoir recours pour remédier au pied bot paralytique ; elle est encore la seule que l'on puisse employer contre le pied ballant ; mais lorsque certains groupes musculaires sont conservés et capables de transmettre des mouvements actifs aux leviers osseux du pied, on possède dans la méthode de transplantation musculaire et tendineuse et dans les procédés myoplastiques un moyen qui permet, dans un certain nombre de cas, de viser à une restauration fonctionnelle véritable.
§ I. ~ Application des procédés myo et ténoplastiques au traitement du pied bot paralytique. — Transplantations, raccourcissements et allong-ements de tendons.
En traitant des moyens à employer pour remédier aux déformations de la main consécutives aux rétractions musculaires ou tendineuses S nous avons indiqué les conditions générales dans lesquelles on doit recourir aux transplantations de tendons, les procédés et les modes divers suivant lesquels on opère cet acte chirurgical et les règles de son exécution. Avant d'appliquer
• Voir 11° partie, art. VI, cliap. II, j). 282 cl suiv.
APPLICATION DES PROCÈDES MYO ET TÉNOPLASTIQUES
ces données. à la correction des déviations du pied qu'on observe dans les paralysies infantiles, nous en rappellerons sommairement les traits les plus importants.
Il est avant tout nécessaire, dans divers cas particuliers, de faire un examen minutieux des fonctions non seulement de chaque groupe musculaire, mais de chaque muscle, d'établir le bilan exact de ceux dont l'action est conservée, de ceux où elle est diminuée, de ceux qui sont totalement paralysés.
Les opérations au moyen desquelles on cherche à remédier aux paralysies musculaires sont complexes ; il faut souvent associer la transplantation tendineuse, qui a pour but de restituer au tendon paralysé une partie de son action qu'on emprunte à un muscle sain, au raccourcissement des tendons paralysés, qui produit une correction passive de la déviation où l'action exclusive des antagonistes non paralysés a entraîné le pied. Il y a souvent lieu de recourir à des transplantations tendineuses multiples, en cherchant les sources des mouvements actifs partout où les fonctions musculaires sont plus ou moins conservées, et en les répartissant sur les agents des mouvements perdus.
Les transplantations actives (ou descendantes), dans lesquelles le tendon actif est implanté sur le tendon paralysé le plus près possible de son insertion, sont à préférer aux transplantations passives, ascendantes, dans lesquelles le bout inférieur du tendon paralysé est transplanté sur le tendon d'un muscle sain, le tendon paralysé et dégénéré constituant toujours un mauvais agent de transmission du mouvement ; mais le dédoublement du tendon actif, et l'échange de bandelettes opposées appartenant au tendon sain et au tendon paralysé, doit être conservé comme le mode de transplantation le plus sûr, puisqu'il ne supprime complètement ni l'action du muscle sain, servant de transplant, sur son insertion normale, ni les rapports que le tendon sur lequel se fait la transplantation conserve partiellement avec le corps charnu du muscle paralysé, susceptible, dans un certain nombre de cas, de remplir encore une partie de son emploi, si minime que celle-ci puisse être.
Les réunions qui fixent les tendons transplantés aux tendons paralysés qui les reçoivent, ne doivent se faire que par de larges et longues étendues; il faut réunir les tendons bord à bord largement et ne pas se borner à réunir leurs extrémités; cette adhésion par des surfaces larges est l'un des avantages des échanges tendineux auxquels nous donnons la préférence: quand on fixe sur un tendon l'extrémité d'une bandelette tendineuse complètement divisée, on peut faire passer le bout du tendon qu'il s'agit d'implanter au travers d'une boutonnière percée dans le tendon qui rec^oit l'anastomose, et l'y réunir par ses bords, sans préjudice de la suture par laquelle on fixe son extrémité au corps du tendon paralysé.