REDRESSEMENT SUR LE MAT HORIZONTAL
exercice, le maître, placé derrière l'appareil, appuie sur les épaules de manière à les attirer en arrière et en bas ; cette manœuvre, pour être supportée, doit être faite avec ménagement.
M. Redard utilise pour le redressement des cyphoses la modification qu'il a apportée à l'appareil de Wolm (fig. 106).
Enfin, la suspension à l'échelle horizontale par les pieds et par les mains,
Fio. 106. — Redressement de la courbure cypliotique avec l'nppareil de Redard.
le ventre en bas, le tronc dessinant par son poids une concavité postérieure, la même attitude de suspension ventrale aux anneaux ou aux barres parallèles, favoriseront le redressement des cyphoses aux premiers degrés de leur évolution. Le même exercice avec redressement en arrière du tronc tendant à reprendre une attitude horizontale rectiligne par la contraction des muscles des gouttières vertébrales, convient également aux scolioses; on peut le pratiquer avec ou sans résistance opposée au redressement par la main du maître appuyant sur la région dorsale (fig. 107 et 108).
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TRAITEMENT DE LA CYPHOSE
FiG. 10- et 108. — Suspension et redressement du tronc en arrière aux anneaux
(Mikûlicz).
MANœUVRES MODELANTES
§ 3. — Manœuvres modelantes.
Ces moyens de redressement constituent déjà de véritables actes de correction de la courbure cyphotique par les pressions directes exercées sur elle au moyen des appareils.
On y joint des manipulations et des manœuvres modelantes qui peuvent se
FiG. 109. — Redressement de la cyphose par des manœuvres modelantes.
faire dans le décubitus ventral, le haut du sternum et le bassin du malade étant soulevés par des coussins, la partie moyenne du tronc portant à faux ( fig. 109); c'est dans cette position que le chirurgien exerce sur la convexité des apophyses épineuses des pressions méthodiques, d'intensité croissante, avec la main, ou les deux mains superposées, ou en faisant reposer sur celles-ci une partie du poids de son corps.
Ces manœuvres modelantes seront exercées avec plus d'avantages encore dans la suspension obtenue par l'appareil de Sayre.
Dans le traitement des cyphoses confirmées, comme dans celui des scolioses, le premier but à atteindre est la mobilisation de la courbure patholo-
Il8 TRAITEMENT PE LA CYPHOSE
gique ; ce n'est qu'après que l'on s'efforce de restituer aux muscles leur rôle dans le redressement du tronc et que l'on peut maintenir par l'application de corsets la rectitude obtenue, jusqu'à ce que les agents naturels soient revenus à leur intégrité et puissent exercer leur action d'une manière suffisante.
§ 4. — Corsets.
Les corsets que l'on emploie pour combattre les cyphoses, corsets plâtrés, corsets à barrettes, corsets en cuir moulé, ne diirèrent pas ou presque pas de ceux que l'on emploie dans la scoliose; leur construction, leur mode d'application reconnaissent les mêmes règles. La condition essentielle qu'ils doivent remplir, c'est d'avoir été moulés sur le tronc du sujet placé dans le redressement le plus complet qu'en puisse obtenir de sa difï'ormilé. Il ne faut attacher aucune importance aux dispositifs qui ont la prétention de lutter activement contre la courbure vertébrale, aux ressorts placés le long du rachis et qui transmettent leur aclion aux béquillons axillaires, à plus forte raison à ceux qui agissent sur le cou ou sur la tète par l'intermédiaire de colliers ou de courroies pour les porter en arrière. Dans les cyphoses, plus que dans les scolioses, on peut se passer d'appareils de soutien, et la partie la plus essentielle du traitement réside dans l'emploi combiné du régime, de la gymnastique, du massage, de l'électrisation vertébrale et de l'hydrothérapie.
Cyphoses symptomatiques.
Nous ne pouvons aborder incidemment l'importante question de la correction et du maintien des gibbosités qui dépendent du mal de Pott: elle se rattache d'une manière trop intime au traitement de la tuberculose vertébrale pour pouvoir en être séparée.
Les cyphoses paralytiques n'ont le plus souvent besoin que d'un moyen de support ; les cyphoses séniles et professionnelles ne réclament aucun autre traitement que du massage, des manœuvres douces et prudentes de redressement, et quelquefois un appareil de sustentation. Quant à la cyphose rachitique, d'observation si commune, elle ne reconnaît que deux indications : le traitement du rachitisme et la fixation de l'enfant dans la position couchée sur le dos. Lorsque le rachitisme est guéri, si la déformation vertébrale ne s'est pas corrigée, on aura recours aux moyens dirigés d'ordinaire contre les cyphoses essentielles.
MÉCANOTHÉRAPIE
Nous ne dirons presque rien du traitement des lordoses, celles-ci étant presque toujours la conséquence d'une affection primitive qu'il faut traiter d'abord : tel est le cas des lordoses par compensation, lordoses des luxations congénitales de la hanche, lordoses de la coxalgie. Quant aux lordoses par faiblesse ou paralysie des muscles abdominaux et des fléchisseurs du tronc, elles réclament, outre le traitement de la cause, les exercices les plus propres à fortifier les groupes musculaires insuffisants ; tels sont les exercices de flexion en avant du tronc avec ou sans résistance, ceux d'élévation des membres inférieurs que l'on fléchit sur le bassin, les genoux restant tendus, pendant que le sujet est suspendu à la barre par les membres supérieurs étendus ou raccourcis à angle droit.