CHAPITRE IV
TRAITEMENT APPLICABLE AUX CAS OU LA RÉDUCTION NE PEUT ÊTRE TENTÉE NI PAR LA MÉTHODE NON SANGLANTE, NI PAR LA MÉTHODE SANGLANTE.
§ 1: — Opérations.
Lorsque les tentatives de réduction ont échoué, ou quand l'âge du sujet ( 1 4 à i5 ans au maximum pour les luxations unilatérales, 10 à 1 1 ans au grand maximum dans les luxations bilatérales) ne permet pas de tenter la réduction par l'une ou l'autre méthode, on peut essayer d'améliorer par d'autres moyens la situalion.
1° Ostéotomie sous-trochantérienne. — On peut remédier à la lordose et à l'adduction exagérée de la cuisse par la section sous-lrochanlérienne du fémur. Par cette intervention, préconisée et pratiquée par Kirmisson, il est possible déplacer le membre dans une meilleure attitude; non seulement le redressement du membre inférieur fait disparaître l'adduction excessive et diminue l'ensellure lombaire, mais quand l'ostéotomie a rendu au membre une direction plus normale, la tête fémorale vient appuyer solidement contre la face externe de l'os iliaque et peut s'y fixer; on est donc dans les meilleures conditions pour s'opposer aux progrès de la déformation. L'ostéotomie sous-lrochanlérienne semble la meilleure des opérations palliatives, dans le traitement des luxations congénitales de la hanche (Kirmisson) {i). Nous devons néanmoins faire mention de cas malheureux dans lesquels lostéotomie sous-trochantérienne, pratiquée dans ces conditions par deux des orthopédistes les plus justement estimés, a eu pour conséquence désastreuse une paralysie partielle dans un de ces cas, complète dans l'autre, du
(î) Pour la technique de l'ostéotomie sous-trochantérienne, voir le traitement desankjloses de la hanche.