C)() CICATRICES VICIEUSES DU COUDE
Non seulement on peut restituer par cette méthode la totalité de ses mouvements au coude immobilisé parla rétraction cicatricielle (fig.ib6), maison arrive,comme nous l'avons fait un certain nombre de fois, à reconstituer la presque totalité des téguments du membre supérieur détruits par une brûlure; il faut en ce cas l'aire plusieurs opérations successives, appliquant une série de greffes à différentes hauteurs sur la surface cicatricielle. On y arrive du reste en empruntant au tronc beaucoup moins de peau qu'il ne semblerait nécessaire a priori, car les lambeaux de peau saine ne tardent pas à se laisser distendre et ils acquièrent par la suite des dimensions considérables sous l'influence de la traction qu'exerce sur eux le tissu cicatriciel avoisinant.
Nous avons pu, de la sorte, rendre à plusieurs malades l'usage du membre supérieur que la destruction totale de ses téguments, étendue de l'épaule à la main, semblait vouer à l'amputation inter-scapulo-thoracique.
Lorsque la destruction des téguments' de la région thoracique, de l'hypochondre, de l'abdomen, empêchent d'y chercher la matière nécessaire à la réparation, on peut s'adresser à la région lombaire, à la hanche, à la cuisse même. Chez les jeunes enfants surtout, dont la souplesse se prête aux positions en apparence les plus difficiles à supporter, on peut tailler le lambeau destiné à recouvrir la région antérieure du coude sur la cuisse correspondante. Il suffit de relever la cuisse en la fléchissant fortement sur le bassin, de passer l'a vant-bras du sujet au-dessous d'elle et de les maintenir appliqués l'un contre l'autre et contre le tronc au moyen d'un appareil ouaté circulaire (fig. 157).
Nous ne saurions trop recommander cette méthode comme le moyen à la fois le plus sûr et le plus commode de remédier aux déformations par rétraclion cicatricielle du membre supérieur, et particulièrement aux pseudo-ankvloses du coude qui relèvent de celte cause.