Choix d'entretiens et de lettres
Parmi les livres qu'on a publiés de nos jours pour éclairer l'esprit et pour former le cœur des enfants, je ne vois rien de mieux que le choix d'entretiens et de lettres extrait des œuvres d'une femme justement célèbre. Ce travail fait avec autant d'intelligence que de goût, résume et complète ce qui est nécessaire pour la bonne éducation des jeunes personnes à qui il est adressé.
PIERRE, évêque de Versailles.
Versailles, 19 novembre 1875.
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xVPPROBATION E S. G. iMs' L'ÉVÊQUE D'ORLÉANS
Madame,
l'ai parcouru avec le plus vif intérêt le choix d" entiens et de lettres fait par vous dans les œuvres de ne de Maintenon, et, pour vous en exprimer ma isée en deux mots, je dirai simplement que j*ai lu à j près tout ce qui a été écrit sur l'éducation des mes filles et que, à part le célèbre traité de Fénelon, je li rien rencontré de meilleur et de plus pratique que ce e Mme de Maintenon nous a laissé sur ce sujet. Quele jugement que Ton porte sur cette femme célèbre, Y a une chose dont tout le monde est bien forcé de nber d'accord, c'est quo c'était un esprit supérieur; qu'elle a écrit en porte la trace et j'ajoute que son e pour l'éducation de la jeunesse à Saint-Cyr m'a ijours paru quelque chose d'admirable.
Le choix intelligent que vous avez fait dans ses œu-
vres offrira aux jeunes personnes une des lectures les plus utiles qu'elles puissent faire. J'ose vous prédire que ce choix sera accueilli avec toute la faveur dont il est digne.
Veuillez agréer, Madame, l'hommage de tous mes bien dévoués respects en Notre-Seigneur.
FELIX, évêque d^Oiléan^.
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A xMA FILLE.
Tu viens d'atteindre ta douzième année, ma chère enfant, et déjà Dieu t'a bénie en éclairant ta foi et en fortifiant ta raison. Le devoir qu'il impose à ma tendresse maternelle est de veiller sur toi sans cesse, de développer ton intelligence, de te préparer enfin à la noble mission que toute femme est appelée à remplir dans la famille d'abord, dans la société ensuite.
Pour nous aider, moi à diriger ton esprit et ton cœur, toi à profiter de mes conseils, il nous faut le secours de bonnes et saines lectures. J'ai médité avec soin les ouvrages les plus célèbres sur l'éducation, et c'est surtout
dans les écrits de Mme de Maintenon que j'ai trouvé ce qui me semble le plus utile pour « apprendre à réfléchir, comparer, raisonner juste (i). »
Je veux dès aujourd'hui te faire connaître cette femme célèbre en te présentant un choix de ses entretiens et de ses lettres. Les premières pages traitent du caractère, de l'ensemble des qualités qu'il faut acquérir, et de la direction de la solide piété. Dans la lettre à une novice, dans celle à une jeune fille qui sortait de Saint-Gyr, dans le plan de vie d'une femme chrétienne, tu verras les obligations qu'entraîne chaque état. La dernière lettre du recueil est adressée par Mme de Maintenon, à sa jeune cousine, Mlle de Villette, après la mort de M. de Gaylus son mari. L'affection que la fondatrice de Saint-Gyr avait vouée à la spirituelle marquise lui inspire les avis les plus sages et les plus maternelij .
(i) Mgr Dupaiiloup. La Femme studieuse.
Je joins à ce recueil un portrait de M'"^ de Maintenon au temps où elle s'occupait de la jeunesse, le fac-similé d'une lettre adressée à Philippe V, enfin la courte biographie d'une femme dont le nom est à tout jamais mêlé à notre histoire, et dont les conseils ne vieilliront pas. En les prenant pour règle, chère enfant, tu rendras ta vie utile aux autres et douce à toi-même.
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