CHAPITRE X
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Dt derail point être conçu coininc nnedioM oorporHIe.
Ayant tiré de-ces connaissances un avertissement salutaire de revenir à moi, j’entrai en moimême dans le plus secret de mon coeur et de mes pensées, et je me tronvai capable de le taire, parce que je fus aidé de votre secours. J’entrai donc ainsi dans moi-même ; et avec l’œil de mon àme , quoiqu’il n’eôt encore que peu de clarté, je vis au-dessus de ce même œil de mon àme et au-dessus de la lumière de mon esprit , la lumière immuable du Seigneur, et cette lumière n’était pas celle que nous voyons , ni quelque autre de même nature , mais qui aurait été seulement plus grande, plus parfaite, plus éclatante et plus étendue dans toutes les parties de Punivers. Elle était d’une autre espèce, et entièrement différente de la lumière ordinaire. Elle n’était point au-dessus de mon esprit, comme l’huile est au-des.sus de Peau et le ciel au-dessus de la terre, mais elle était au-dessus de moi-même comme m’ayant donné l’être , et j’étais au-dessous d’elle comme ayant été créé par elle. Celui qui connaît la vérité, connaît aussi cette lumière; et celui qui connaît cette lumière, connaît aussi l’éternité; et c'est la charité qui la lâit connaître.
O étemelle vérité ! ô véritable charité ! 6 chère Hcrnité ! C’est vous qui êtes mon Dieu, et c’est pour vous que je soupire jour et nuit. Aussitôt que je commençai à vous connaître, vous m’ouvrîtes les yeux pour me bire voir qu’il y avait des choses qui pouvaient tomber sous l’intelligence humaine; mais que je n’étais pas encore capable de les entendre. Et vos regards furent if clairs et si pénétrans , que la faiblesse de ma
vue ne pouvant les soutenir, je fus avec tremblement touché d’amour et de crainte, et trouvai que le péché, qui avait presque eflàcé votre image dans mon àme, m’avait tellement éloigné de vous, que je n’entendais que comme d’un lieu fort élevé au-dessus de moi cette voix par laquelle vous me disiez : < Je suis la nourriture des forts : croissez, et puis vous me mangerez. Vous ne me changerez pas néanmoins en votre substance, comme il arrive en la nourriture corporelle , mais ce sera vous qui serez change en moi. a
Je connus alors que vous châtiez les hommes à cause de leurs péchés , et que par cette raison vous aviez rendu mon âme plus sèche qu’une tuile 4'araignée , selon la parole du prophète. Ce ont me fit dire eu moi-même : « Ij vérité n’estelle donc rien, parce que je ne la vois point se répandre en aucuns espaces ni finis ni inftnis?a Et vous me répondîtes en criant comme de fort loin : «Tant s’en faut qu’elle ne soit rien, que c’est moi qui suis celui qui est. a Cette voix que j’entendis intérieurement dans mon cœur, fit cesser de telle sorte tous mes doutes, que j’aurais été capable depuis ce moment de douter s’il y a une vérité qui se voit par l’œil de l’intelligence , et reluit dans toutes les créatures visibles.