‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 135 sur 684 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Ce que c'est que se cooSesser â Dieu.

Et comment. Seigneur, vous poumis-je cacher quelque chose quand je ne voudrais pat vousia confesser, puisque vos yeux percent jusque dans le fond de l’aUme des consdences, et y voient tout â ou et â découvert? Certes, je ne me cacherais qu'â moi-mème et non pas à vous. Mais encore que ma confession vous soit supcf^ fluc , elle vous est agréable ; et parce que je vous témoigne, par les gémissement de mon cœur, combien je me déplais à moi-mème, vous rclu>sez dans mon âme, vous foites qu'elle vous trouve aimable, qu'elle vous aime, qu’elle vous désire , afin que je rougisse de mot-même, que je renonce â moi-méme , et que je me donne toutà vous: et qn'ainsi que rien ne peut vous plaire dans moi que ce qui m’est veoude vous et non peu de moi, rien ne me plaisf aniai dans moi-iBfonr

■Di„' <ed tjyGoogU

que ce qui ne «cra paa de moi, mais de vous.

Ainsi , Seigneur, en quelque état que je sois, je suis parfaitement connu de votre divine majesté, et c’est avec fruit néanmoins que je me confesse i elle. Ce que je ne fais pas par des paroles sen- • sibles que ma langue forme au dehors, ni par la voix qui sort de ma bouche , mais par ces paroles secrètes et spirituelles que l'Âme forme au dedans de soi, et par ces cris qui sortent du fond du cerur, dont vos oreilles divines entendent parfaitement le langage. Car lorsque je Fais le mal, c’est me confesser à vous que de me déplaire en moi-méme; et lorsque je fais le bien, c’est me confesser à vous que de n’attribuer pas ce bien i moi-méme. Aussi , mon Dieu , nous apprenons des oracles de vos Écritures, que vous répandez vos bénédictions sur le juste ; mais que c’est après que vous avez répandu votre grÂce en lui pour le rendre juste, de pécheur qu’il était auparavant.

Lors donc. Seigneur, que je me présente devant vos yeux pour vous confesser mes misères et vos miséricordes, je le fais en silence, et je ne le fais pas en silence. Je le fais en silence, parce que ma langue demeure muette, et je ne le fais pas en silence, parce que mon CŒur vous parle, et que mon aftoion est éloquente. Car je ne dis rien de bon aux hommes que vous n’ayez oui auparavant dans le secret de mon coeur oA je parle à vous , et vous n’entendez rien de moi dans le secret de mon ctnir, que vousmème ne m’ayez dit auparavant par votre saint Esprit qui m’instruit et qui me parle.

Page 1