‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 142 sur 684 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De la mémoire que dcrm arona <k« arieiion.

Mais cette vaste étendue de ma mémoire ne conserve pas seulmtent les espèces de toutes les choses dont je viras de parler, mais elle contient aussi tout ce que j'ai appris des sciences , rt que je n'ai point encore oublié; rt elle le garde comme dans des lieux secrets rt particuliers bien différensdes lieux ordinaires où 1rs corps sont renfermés ; et elle ne conserve pas seulement les images de ces OHinaissances, mais les connaissances mêmes; car tout ce que je sais de ces sciences , comme ce que c'est que la grammaire, ce que c'est que la lexique, rt combien il y a d'espèces de questions, est de telle sorte dans ma inénmire , qu elle n'a pas laissé ces choses au dehors pour n'en recevoir que les images, et qu'elles ne se sont pas évanouies après s'étre fait entendre ainsique la voix, qui après avoir frappé nos oreilles, laisse comme une trace et une marque desoi, par laquelle, lors même qu'elle ne résonne plus , on s'en ressouvient comme si elle résonnait encore; ou comme l'udeur qui, en passant et en sedLssipant en l'air, foit une telle impression dans l'odorat , qu'il en porte dans la mémoire une image que nous y trouvons toutes les fois que nous en rappelons le souvenir; ou comme la viande qui encore qu'elle n'ait plus de saveur lorsqu’elle est dans notre estomac, semble en conserver encore dans notre mémoire ; ou comme ce que nous tunchuns, qui bien qu'ensuile éloê< gné de nous , ne laisse pas de se rqirésenler a

CONFESSIONS DE SAINT

notre mémoire. Car toutes cfs choses n’entrent pas dans elle, mais elle en reçoit seulement les images avec une incroyable promptitude, et tes place comme dans des cellules avec un ordre admirable, d'où par une manitTe qui n'est pas moins merveilleuse, nous les retirons en nous en ressouvenant.

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