‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 144 sur 684 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

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Ainsi, apprendre les sciences dont nous n'avons pas reçu 1rs images par les sens , mais que nous considérons dans notre esprit sans auaines images comme elles sont en elles-mêmes, n’est autre chose que rassembler par notre pen.sée les choses qui étaient éparses deçA et deU sans aucun ordre dans notre mémoire, et faire en sorte, en les bien considérant, qu'au lieu qu'elles y étaient cachées et comme égarées et négligées , elles soient toujours prêtes à se présenter A nous sans peine , lorsque nous voudrons tant soit peu y appliquer notre esprit.

Et combien ma mémoire consene-t-ellc de choses semblables qui sont déjà toutes trouvées et prêles A s'offrir A moi A chaque moment, ce que l'on appelle avoir appris quelque science? Que je demeure durant un temps considérable sans les repasser par mon esprit , elles s'écoulent et s'enfoncent de nouveau de telle sorte dans les replis les plus profonds et les plus cachés de ma mémoire, qu'il faut que je les en tire encore par une nouvelle méditation , comme si je ne les en avais jamais tirées , et qu'étant éparses çA et là , je les rassemble dans ce même lieu , puisqu'elles n'or.t point d'autre demeure, afin de les pouvoir connaître. D'où vient que dans la langue latine le mut qui signifie penser, ne veut direautre chose dans son origine que rassembler , quoique étant devenu propre aux actions de l'esprit, il ne serve plus A marquer toute sorte de rassemblement [KHir parler ainsi , mais celui-IA seulement qui se fait par la pensée.

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