CHAPITRE XVIII
pour rftrouvrr une ebow que Tou a perdue, U faut en avoir oomervé ia mémoire.
.Si je vous trouve , mon Dieu, hors de ma méiru)irr, il faut donc que je vous aie oublié. El
comment vous puis-je trouver si je ne me souviens pas de vous? Cette femme de i'Ëvangile qui avait perdu son drachme, alluma une lampe |K)ur le chercher; et elle ne l'aurait pas trouvé si elle ne s’en fût pas souvenue ; car comment après l’avoir retrouvé cùt-elle su que ce l'était, si elle en eût perdu la mémoire? Je me souviens d'avoir cherché plusieurs choses que j'avais perdues, et de les avoir retrouvées. Mais comment ai-je pu savoir que je les avais retrouvées, sinon parceqiie. quand j'en cherchais quelqu'une, et que l'on me disait : s Est-ce cela?ou est-ce ccci?p je répond,\i> toujours : « Ce ne l'est pas ; > jusqu'à ce que l'on me présentât ce que je cherchais? Dr sorte qu'il est visible que si j'en eus.se conservé la mémoire, on me l'aurait en vain présenté , puisque je ne l'aurais pas retrouvé pour cela , parce que je ne l'aurais pas reconnu. Ce qui arrive toujours de b même sorte, quand nous cherchons quelque chose que nous avons perdu et que nous le recouvrons.
Ceb néanmoins ne parait pas si étrange au regard des ctioses qui s'éloignent de notre vue sans s'éloigner de notre mémoire , comme il arrive en ce qui est des corps visibles , parce qu'alors nous en conservons l'image au dedans de nous, et lacherchons ju.squ'àce que nous la revoyions, et quand nous l'avons retrouvée, nous b reconnaissons par le moyen de cette image que nous avions conservée en notre mémoire, car nous ne disons point avoir trouvé ce que nous avions perdu , si nous le reconnaissons , et nous ne saurions le reconnaître, si nous ne nous en souvenons. Ainsi ce qui était perdu a l’égard de nos yeux , s’était conservé dans notre mémoire.