‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 171 sur 684 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Il rrpmid lout et qu'il a IraiK datu re livre, rl premierftnrnt ocMmne il a raiwrehé Dieu <laua foules \tt créature* et daoa •oi-méme.

Seigneur , qui êtes l'éternelle vérité , avezvous jamais manqué de marcher avec moi , et de m'instruire de ce que j’avais â fuir ou à rechercher, lorsque je vous ai rapporté le mieux (|uc j’ai pu mes pensées les plus secrétes , et que j'ai eu recours â votre assistance loucliant ma conduite? J'ai considéré le plus attentivement qu'il m'a été possible par mes sens extérieurs toutes les parties du monde. J'ai tâché de découvrir dans moi-même toutes les fonctions et

AlOLSTl.Y — LIVRE X.

les puissances de cette vie qui m'anime , et de pas.ser jusques à la connaissance de mes propres sens. De là je suis entré dans les diverses étendues des replis de ma mémoire, qui par tant de manières admirables sont pleins d'une innombrable multitude de différentes images ; je les j ai considérées , et j'en suis demeuré tout épouj vanté.

Mais après avoir fait cette revue générale de toute la nature et de moi-méme , j’ai reconnu que tout cc que j'en comprenais, était par votre lumière et votre assistance, et que voua n'étiez, mon Dieu, aucune de toutes ces choses; et que moi-même je n'étais pas vous non plus quelles, bien que cc fût moi qui les découvrais, qui les remarquais toutes l'une après l'autre , qui m'efforcais de les distinguer entre elles, et de les estimer chacune en particulier .selon leur dignité et leur excellence, qui recevais les unes par l'entremise des sens , qui en examinais d’autres que je trouvais dans moi-même sans y être venues d'ailleurs, qui remarquais le nombre et la diversité des sens qui m'en avaient fait leur rapport, et qui, lorsque ma mémoire était remplie de ces tré.sors, en maniais les uns , mettais les autres comme en réserve, et retiraisde leurs replis ceux dont je me voulais servir.

Non , Seigneur , je ne suis point ce que vous êtes, quoique je fà.sse toutes ces choses : la puissance par laquelle Je les bis n'est point ce que je cherche , lorsque je cherche mon D eu. Car vous êtes cette lumière immuable que je consultais sur toutes choses, pour savoir si elles étaient, quelles elles étaient, et l’estime que j’en devais faire. Et j'écoutais sur ceb votre parole intérieure qui m'instruisait , et me servait de règle et de loi ; et c’est ce que je Fais souvent ; c'est où je trouve du repos et un plaisir ineffable. Et tout le temps qui me peut rester de libre, après avoir satisfait aux occupations où la nécessité m'engage, je le donne â cette sainte et innocente volupté.

Or, dans toutes ces choses que mon esprit considère en consultant votre éternelle lumière , je ne trouve aucun lieu assuré pour mettre mon I âme, si ce n'est en vous qui pouvez seul rassera- I hier tout cc qui s'est dissipé en moi parmi b multitude des créatures, et faire qu’il n'y ait plus rien qui s'éloigne jamais de.vous. Quelquefois, Seigneur , vous nie faites entrer dans des

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untimenseitraordinaires, et jouir dans le plus secret de moa Âme d'une certaine douceur si grande et si merveilleuse , que si vous me permettiez quelle rei;ût son entier accoinpiisseinent eu moi , elle passerait i je ne sais quoi qui ne serait plus cette vie , tant ce bonlicur serait ez- Ir^me ; mais je retombe dans les misin's de l'élnt déplorable où nous vivons par le poids de ce corps mortel. Je me trouve emporté comme par le torrent des choses qui nous environnent tous les jours. Je me sens engagé dans ces liens , et je verse beaucoup de larmes ; mais je ne laisse pas pour cela d'y demeurer toujours engagé ; tant il est difficile de résister au poids de la coutume qui nous entraîne. Je puis demeurer en cet étal, et je ne veux pas : je voudrais en être délivré , et je ne le puis. Ainsi de tous côtés je suis misérable.

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