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CHAPITRE XXVllI

C'nt fMr l’etphl que oou* ocsutom le tciopi

Mais comment le futur, qui n'est pas encore, peut-il s'amoindrir ou s'écouler? Ou comment le passé peut-il croître , puisque déjà il n’est plus , si ce n'est parte que dans l'esprit qui opère cet effet il se rencontre trois choses, savoir : l'at-, lente, l'attention et le souvenir; de sorte que ce qu'il attend devient l'objet de son attention présente, pour n’èire plus ensuite que l'objet de son souvenir? Qui pourrait nier que les choses fiilurrs ne sont pas encore? et toutefois l'attente des choses futures est dans notre esprit. Qui IMurrail nier que les choses passées ne sont plus? et toutefois la mémoire des choses passées demeure dans notre esprit. Et enfin qui pourrait nier que le temps présent n'a point d'étendue, puisqu'il ivasseen un moment? et toutefois

C0i\FESS10>S DE SAIM AUGUSTES. — U VRE XL 1 93

notre ittention demeure , et c'eat jiar elle que ce qui n'est pas encore se hâte d'arriver pour p'tire plus. Ainsi le temps â venir ne se peut dire être long ; mais un long temps â venir n'est autre chose qu'une onguc attente du temps futur. Il n'y a point aussi de long temps passe, puis, qu'il n'est plus; mais un long temps passé n'est autre chose qu'un long souvenir du trinp spassé.

Par exemple, je veux réciter un psaume que je sais par cœur. Avant que de commencer, nton attentioa se porte â tout ce psaume ; mais lorsque je l'ai commencé , autant de versets que j'en ai dits et qui sont passés deviennent l'objet de ma mémoire; et cette action de mon Ame se sépare comme en deux parties , dont l'une est mémoire au regard de ce que j'en al dit, et l'autre est comme une préparation et une attente au regard de ce que j'en ai encore A dire. Mais mon attention par laquelle doit traver.scr, pour parlcrainsi,ce qui est encore à venir et à réciter adn qu'il dev ienne passé , est toujours présente, et plus j'avance dans ce rc'cit, plusccquin'clait que dans l'attente diminue, et ce qui doit être dans la mémoire s'au|pnente, jusqu'à ce que celle attente qui regardait l'avenir étant finie, U ne reste*plus rien dans toute cette action que pour la mémoire, laquelle regarde le passé. Or, ce qui arrive dans le récit de tout ce psaume, arrive aussi dans chacune de ses parties et dans chacune de scs syllabes : il arrive aussi dans un récit de plus longue baleine dont ce psaume pourrait n'élre qu'une |iarlie; il arrive dans toute la vie de l'homme , dont toutes les actions qu'il ^1 sont des parties, et il arrive dans tous les siècles des enfans des hommes, dont toutes les vies des hommes ne sont aussi que des parties.

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