‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 21 sur 684 · CHAPITRE VIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIH

Il décrit de qoette eorte let enfkm appreoDenl i parier.

De l’enfance je suis passé dans l’âge qu’on appelle puéril, ou plutk cet âge est venu â Doi et a succédé â l’enfance, qui â parler proprement ne s’en était pas allée car où serait-elle allée? mais qui touteiois n’était plus, puisque je n’étais plus ce petit enfant qui ne parlait point, mais un enfant un peu plus grand, qui savait déjà parler. Je me souviens de cet âge, et j’ai remarqué depuis de quelle sorte j’avais appris â parler. Car je n’ai eu personne qui m’ait fait apprendre des mots avec quelque ordre et quelque méthode, ainsi que l’on fit bientôt après, lorsqu’on m'apprit â connaitre les lettres pour m’apprendre â lire. Mais lorsque , me servant de divers cris, de différons accens de la voix, et de plusieurs mouvemens du corps pour découvrir la pensée et le désir de mon cœur, afin qu’on fit ce que je voulais, je ne pouvais exprimer tous mes sentimens ni les rendre intelligibles â ceux à qui je désirais les faire entendre, je commençai par l’intelligence naturelle que vous m’avez donnée, mon Dieu , â prendre peine de retenir et d’imprimer fortement dans ma mémoire les noms et les mots que j’entendais dire aux personnes qui me parlaient ; et lorsque, en suite de la parole qu’ils avaient dite, il s’avançaient vers quelque chose, je remarquais et retenais qu’elle s appelait du nom qu’ils lui donnaient lorsqu’ils la voulaient montrer ; et je jugeais qu’ils la voulaient montrer en considérant les mouvemens qu’ils faisaient du corps; ces gestes étant comme des paroles naturelles communes à toutes les nations, qui se forment par des signes ou de la tête ou des yeux, par les actions des autres par-

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tles du corps, et par le ton de la voix qui découvre le désir de l’âme dans tout ce qu’elle demande, ou veut avoir, ou rejette, ou foit.

Ainsi, entendant redire souvent les mêmes paroles, dont chacune était arrangée selon sa place naturelle dans les différens discours que l’on tenait devant moi , je remarquais peu â peu ce quelles signifiaient; et ayant accoutumé ma langue à les prononcer, je m’en servais pour faire connaître ce que j’avais dans le cœur. Je commençai de cette sorte â me servir des mêmes signes que les autres pour leur déclarer mes sentimens , et j’entrai plus avant dans la société de cette vie , pleine de tant d’orages et de tempêtes, demeurant soumis en tout à l’autorité de mon père et de ma mère, et obéissant encore aux personnes avancées en âge qui me gouvernaient.

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