AL'GLSTIN. - LIVRE XII
une douceiir fraternelle , et dans un esprit de paix.
Si nous demeurons tous deux d'accord que ce que vous dites est véritable , et que ce que je dis l'est aussi, dites-moi , je voua prie , où le voyonsnous ? Je ne le vois point sans doute dans vous , ni vous dans moi : mais nous le voyons tons deux dans l'immuable vérité qui est au-dessus de nous. Puis donc que nous ne contestons point sur le sujet de cette lumière de notre Dieu qui luit clairement à nos âmes, pourquoi disputons-nous de ce que peut être la pensée d'un Itomine, laquelle noos ne saurions voir de ia même sorte que l'on voit cette vérité immuable; puisque, quand Moïse aurait été de notre temps, et nous aurait dit quelle aurait été sa pensée , nous ne pourrions pas même la voir , mais mus sqoulerions seulement foi à ses paroles?
Souvenons-nous donc de l'avis que saint Pan) donne à ses disciples , de ne s'enfler point d'orgueil les uns contre les autres sur le sqjet de ceux par le ministère desquels ils auraient été instruits de la vérité. Aimons le Seigneur notre Dieu de tout notre ctpur, de toute notre àme, et de toute l'étendue de notre esprit , et notre prochain comme nous-mêmes, puisque toute* les pensées et les sentimens qu’a eus Moïse en écrivant ces saints livres, n'ont ru pour fin que ces deux commandrmens de l'amour, si ce n’est que nous voulions croire que Dieu soit menteur, en concevsnt une autre opinion de son ministère que celle qu'il nous en a lui-même donnée. Voyez donc, je vous supplie, si parmi ce grand nombre d’interprétations différentes et très véritables que l'on peut donner à ses paroles, il n'y aurait pas de la folie à déterminer hardiment quelle a été celle de toutes , selon laquelle .Moïse les a entendues, et de blesser par des contestations dangereuses , cette même charité qui lui a fait dire tontes les choses que nous tâchons d'expliquer.