CHAPITRE X
n mpOifX àt qwlh »c1> l'amoiir Sa ]«i , do faMa ci Scc
•pciiaclM , le rcadait paracetu dam ccc Ctudcc.
Je péchais néanmoins contre vous , mon Dieu, qui avez non-seulement établi un ordre immuable dans les choses naturelles que vous avez toutes créées, mais qui réglez même les désordres do péché dont vous n’ètes point l’auteur. Je péchais en désobéissant aux commandemens de mes parens et de mes maîtres , puisque , de quelque esprit qu’ils fussent poussés touchant mes études, je pouvais toujours, lorsque je serais avancé en âge, me servir utilement des lettres et des sciences qu’ils désiraient que j’apprisse. Car ma désobéissance ne venait pat de sagesse , ni do choix que j’eusse foit de quelque exercice plus excelleot et plus saint : mais elle n'avait point
CO.NFESSIONS DE SAIN
d’autre source que la passion du jeu , que l’amour de CCS eiercices de divertissement et de plaisir, où je me piquais d’honneur de remporter . toujours la victoire , et les délices que je trouvais ■’ dans le récit de quelques fables et de quelques I aventures feintes et imaginaires, qui me charmant par l’oreille et flattant ma curiosité , en redoublaient l’ardeur et la faisaient passer ensuite de mes oreiDes dans mes yeuï , parce qu’elles allumaient en moi un désir violent de voir ces spectacles que l’on représente sur les théâtres, et d’assister i ces jeux publics qui sen’cnt de divertissement aux personnes plus âgées. En quoi toutefois il est remarquable , qu’a cause que les magistrats qui les font représenter possèdent les premières charges et les plus éminentes dignités, il n’y a presque point de père qui ne désire de voir ses enflins élevés à ce haut degré d’honneur auquel est attaché le pouvoir de faire jouer ces comédies. Et cependant ils souffrent volontiers qu’on les châtie lorsque pour se trouver à ces jeux ils se détournent de leurs études , par lesquelles néanmoins ils souhaitent qu’ils se rendent capables de monter aux plus grands honneurs de la République , pour avoir le droit de donner au peuple le plaisir de ces spectacles. Seignoir , regardez avec les yeux de votre miséricorde ces misères de la vanité des hommes ; délivrez-en , ^s’il vous plaît , ceux qui vous invoquent comme moi ; et délivrez-en aussi ceux qui ne vous invoquent pas encore, afin qu’ils vous invoquent, et que vous acheviez de les en délivrer entièrement.