CHAPITRE XXX
Queccin qni npliaucol l'èrrilmT-Saiirte Ir dotvral ISiiv CD esprit de eberilc. .
Mon Dieu, qui êtes la vérité même, accordez tant de diverses opinions , toutes véritables , et faites-nous miséricorde, afin que nous puissions faire un bon usage de votre loi , en la rap-
portant i ta ftn qui eat une charité fiurc et tincére. Que si quelqu'un me demande laquelle de toutes ces opinions j'estime avoir été celle de Moïse, votre fidèle serviteur, je ne serais pas aussi sincère que je le dois être dans ces confessions que je fais en votre présence si je n'avouais franchement que je n'en sais rien ; mais je sais bien que toutes ces pensées , selon lesquelles on peut diversement eipliquer ces paroles de l'Écriture, sont véritables, escepté celles des hommes (grossiers et charnels dont j'ai parlé, qui ne conçoivent rien des choses divines que selon les images corporelles dont leur esprit est rempli ; quoique ceut-là même qui sont comme des enfans dont on a sujet d'espérer qu'ils s'avanceront dans l'intelligence, trouvent cependant cet avantage dans vos Écritures saintes, qu'ils ne sont point effrayés par ces paroles qui expriment des choses si hautes et si merveilleuses en termes si bas et si simples, et comprennent tant de vérités en si peu de mots.
Mais quant à nous tous qui , dans les divers sens que nous donnons à ces paroles , n’en donnons que de véritables, que devons-nous fiiire si c'est la vérité même, après laquelle notre cœur soupire, et non pas la vanité de nos pensées, sinon de nous unir ensemble par les liens d'une charité sincère, de vous aimer de tout notre cœur, vous qui êtes la source même de la vérité, et de porter ce respect i votre serviteur qui , étant rempli de votre Esprit-Saint , nous a donné ces saints livres, que nous ne doutions point que lorsqu'il les a écrits, il n'ait eu dans l'esprit, selon l'inspiration qu'il en a reçue de vous , les sens les plus divins et les plus recommandables, soit pour la lumière de la vérité, soit pourle fruit et l'utilité?