‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 251 sur 684 · CHAPITRE XXIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIll

De «iDcnei cboen ntoaine «ptriturl peut juger.

Or, quand nous lisons dans Ificriture, qué l'homme spirituel juge de tout, cela veut dire que sa puissance s'étend sur tous les poissons de la mer, sur tous les uiseaux du ciel , sur tous les animaux tant apprivoisés que farouches, sur toute la terre et siir tous les reptiles qu'elle contient. Ce qu'il hiit par celle intelligence qui le rend capable de comprendre ce qui est de l'esprit de Dieu , de laquelle s'étant éloigné lorsqu'il était élevé dans un si haut point d'honneur, il est devenu semblable aux animaux qui sont sans raison.

Ainsi, mon Dieu, parce que nous sommes l’ouvrage de vos mains, et que vous nous avez créés dans les bannes oeuvres, non-seulement ceux qui président spirituellement sur les autres , mais aussi ceux qui leur sont spirituellement soumis, jugent spirituellement. Je dis tous ceux qui sont spirituels , soit qu'ils soient établis sur les autres, ou bien qu'ils leur soient soumit, parce qu'ainsi qu'en créant l'homme vous l'avez fait mile et IVmelle, vous en usez de la même sorte en ce qui est de votre grice spirituelle, quoique selon le seie du coqts, il a y ait ni mile ni femelle, comme l'on n'y distingue point le juif d'avec le païen, ni l'esclave d’avec le libre. Néanmoins ils exertent tous un jugement spirituel , quoique leur pouvoir ne s'étende pas jusqu'à juger des pensées spirituelles qui luisent dans le firmament, c’est-à-dire des dons de l'esprit de Dieu, comme est l’intelligence et la science des choses divines. Car il n'appartient pas aux hommes de juger ce qui doit avoir une autorité si sublinie. Ils ne doivent pas non plus s’établir juges de vos saintes Écritures, encore qu'il s'y trouve quelque obscurité; puisqu’au cuntraire nous devons y soumettre notre esprit, et tenir pour très certain que ce que les yeui de notre àme ne sont pas capables d'y pénétrer est très véritable. Et ainsi l'homme, quoique spirituel et renouvelé dans la connaisuuce de Dieu, selon l'image de celui qui Ta

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créé , doit se rendre exécuteur de la loi , et non pas juge de la loi.

n ne saurait non plus juger de la différence qu'il y a entre les hommes spirituels et ceux qui sont encore charnels, lorsqu’il n'a pu connaître par leurs actions, ainsi que les arbres se connaissent par leurs fniits , quels ils sont dans le fond du cœur; mais ils ne sauraient se cacher à vos yeux , mon Dieu ; et avant même que vous eussiez créé le firmament , c'est-à-dire que vous les eussiez fait être ce qu'ils sont par votre grâce, vous saviez déjà quels ils étaient, vous les aviez séparés d’avec les autres , et 1rs aviez déjà appelés dans votre secret.

L'homme, quoique spirituel, ne juge point non plus de ce grand nombre de personnes engagées dans le trouble et les agitations du siècle. Car pourquoi jugerait-il de ceux qui sont hors l'Église, comme dit saint Paul , puisqu'il iipmre qui sont ceux d'entre eux qui doivent goûter un jour la douceur de votre grâce, et qui sont ceux qui doivent demeurer potir jamais dans l’amertume de l'impiété^

L’homme que vous avez formé à votre image n’a donc point reçu la puissanee déjuger ni ces astres du firmament , ni même ce firmament , dont la conaissancc nous est cachée, ni ce jour, ni cette nuit que vous avez faits avant la création du ciel , ni le ramas des eaux , qui porte le nom de mer; mais il a seulenvent reçu la puissance de juger les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les animaux, toute la terre et tout ce qui rampe sur la terre.

Ainsi il juge et approuve ce qu’il connaît être bon, et condamne et rejette ce «lu'il voit être mauvais, soit en la solennité des sacremens que reçoivent ceux que votre miséricorde attire à son service des eaux amères de l'infidélité et du siècle; toit en la solennité de ce mystère adorable qui nous présente ce poisson mystérieux tiré du fond de la mer, que la terre fidèle mange dans la sainte Eucharistie; soit dans les patoirs et les discours de piété , qui doivent être soumis à l’autorité de vos saintes Écritures, comme étant figurés par les oiseaux qui volent dessous le ciel, lorsque Ton expose, que l'on explique, et (]ue l'on fait entendre au peuple les vérités divines, lorsqu'on le bénit et que Ton invoque votre nom par des prières vocales et extérieures, afin que le jieuple puisse répondre : • Ainsi soit-il. <

là

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t«« «iièbrcs de l'ablnie de ce titele et r>vcu(r|ement de notre esprit, qui , pendant qu'il est en feriD< dans ce corps mortel, ne saurait pémilrrr les penato, sont cause qu'il faut crier de la aorte aux oreilles du corps, et employer la voix pour se Faire entendre. Ainsi, quoique ces oileaux , qui sont les paroles dont on se sert pour annoncer votre vCrilé, se multiplient sur la terre , ils ne laissent pas néanmoins de tirer leur origine des eaux.

L'honune spirituel juge aussi et approuve ce qui est bon , et improuve ce qui est mauv'ais , selon ce qu'il en peut connaître par les sens du corps dans les meeurs et dans les enivres des fldües. Il juge des auinOnes comme des fhiils que produit la terre; des affections comme des animaux apprivoisés, et de tout ce qu'il trouve de louable ^na la chasteté, dans les jeânrs et dans les saintes pensées, autant qu elles paraissent au dehocs par les effets extérieurs. Car ce jugement de l'bomroe spirituel s'étend à toutes les choses dans lesquelles il a le pouvoir de corriger et de reprendre.

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