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CHAPITRE PREMIER

De la cootmatioa toléhrarr.

1. Le royaume de Dieu eit au dedans de vous, dit le Seigneur (Luc, irii, 31).

CoavertiKiez*vous de tout votre cœur au Sei • gneur, et abandonnez ce misérable monde , et votre âme trouvera le repos.

Apprenez â mépriser les choses extérieures , et à vous livrer aui intérieures , et vous verrez le royaume de Dieu venir en vous.

Car le royaume de Dieu est la />aix et ta Joie que donne le Saint-Esprit (Rom. xiv, 1 ?), ce qui n'est point donné aux impies.

Jésus-Christ viendra chez vous en vous Imitant sentir toutes ses consolations , si vous lui préparez dans votre intérieur une demeure digne de lui.

Toute la gloire et la beauté qu'il chercJie est <m dedans ( Ps. suv , 14 }, et c'est U qu'il met toute sa ooroplaisance.

Il visite souvent l'homme intérieur, il s'entretient doucement avec lui, il le remplit de consolations agréables , il le met dans une paix profonde , il le traite avec une familiarité surprenante.

3. Courage, âme fidèle , préparez votre cœtœ â cet époux , afin qu'il daigne venir en vous et y habiter.

Car voici ce qu'il dit ; Si quelqu'un m'aime, il garde ma parole , et mon père l'aimera , et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure (Jean, xiv, 33).

Faites donc place dans votre cœur â Jésus- Christ , et refusez - en l'entrée â tout le reste.

Si vous possédez une fois Jésus- Christ , vous êtes riche , et loi seul vous suHIt : il pourvoiera lui-méme et veillera fidèlement â tous vos besoins , en sorte qu'il ne vous sera plus nécessaire de rien attendre des hommes.

Car les hommes changent promptement et manquent bientdt ; mais Jésus-Christ demeure éternellement , et donne un appui ferme jusqu'à la An.

3. Ilnefàut pas fiiire grand Ibndsurnnhomme fragile et martel , quelque utile et quelque bon ami qu'il soit ; et il ne faut pas non plus s'affliger beaucoup, s'il résiste et s'il contrarie qoelquefbis.

Ceux qui sont aujourd'hui pour vous peuvent être demain contre vous , et réciproquement : souvent les hommes changent comme le vent.

Mettez toute votre confianre en Dieu; qu'il soit l'unique objet de votre crainte et de votre ammir : c'est lui qui répondra pow vous, et qui saura bien tourner les choses à votre plus grand avantage.

Tous n'avez pas ici de demeure perma nente (Hebr.,xiii, 14); quelque pari que vous soyez, vous y êtes étranger et passager, et voua n'aurez jamais de repos que vous ne soyez iutimement uni â Jésus-Christ.

4. Que cherchez-vous ici autour de vous , puisque ce n'est point ici le lieu de votre repos ?

Votre demeure doit être dans le ciel , et vous ne devez regarder toutes les choses de la terre que comme en passant.

Elles passent toutes, et vous passerez de même avec elles. Prenez garde de voua y attacher , de peur qu'elles ne vous possèdent et ne causent votre perte.

Que vos pensées s'élèvent vers le Très-Haut , et que votre prière s'adresse sans cesse â Jésus- Christ.

Si vous ne savez pas vous élever à la conlempUtion des choses célestes, arrêtez-vous à la Passion de Jésus-Christ et demeurez avec phisir dans ses plaies sacrées.

Car si vous recourez avec dévotion aux plaies et aux précieux stigmates de Jésus, vous vous sentirez bien fort dans l'affliction ; vous ne vous soucierez guère du mépris des hommes, et vous souffrirez aisément les traits de h médisance.

6. Jésus-Christ Ait aussi en ce monde méprisé des hommes, et abandonné de ses connaissances et de ses amis an plus fort de son affliction et an milieu des opprobres.

Jésus-Christ â voulu souffrir et être méprisé; et vous oseriez vous plaindre de quelque chose !

Jésus- Christ a eu des ennemis et des calom niateuTS; et vous voudriez n'avoir que des amis et des bienfàitenrs !

A quel titre votre patience scra-t-rllecouronnéc , si vous ne rencontrez point d'adversités?

Si vous ne roulez ncn looffrir de ce qui tous coDtrarie,conunent«erez-vous ami de Jé«us- Cbriat?

Souffrez constamment avec Jésus-CbrUt et pour Jésus- Christ, si vous voulez ré(i;iier avec Jésus- Christ.

6. Si vous étiez une fois bien entré dans le cœur de Jésus , et que vous eussiez un peu goûté de son aident amour , vous ne vous soucieriez alors aucunement de ce qui pourrait vous être avantageux ou pr^udiciahle ; mais vous vous réjouiriez plutôt d'étre dans l'opprobre parce que l'amour de Jésus porte l'homme i se mépriser luimême.

Celui qui aime Jésus et la vérité , qui est vraiment intérieur et dégagé de toute affection déréglée, peut librement se tourner vers Dieu , s'élever en esprit au-dessus de soi-méme, et trouver son repos dans cette jouissance.

7. Celui qui apprécie les choses suivant ce qu'elles sont en elles-mêmes , et non d'après ee qu'un en pense ou ce qu'on en dit, est véritablement sage , et bien mieux instruit par Dieu que par les hommes.

Celui qui sait marcher dans les voies ialérieii' res, et foire peu die cas des choses extérieures , ne cherche point les lieux et n'attend point les temps potB' vaquer aux exercices de piété.

L’homme intérieur est bientôt recueiUi, parce qu'il ne se répand jamais tout entier au dehors ; il n’est déran^ ni par le trevail extérieur, ni par les occupations nécessaires en certains temps ; mais il s'accommode aux choses comme elles se présentent.

Celui qui est bien disposé et réglé au dedans se met peu en peine des actions brillantes et mauvaises des hommes.

L'homme ne trouve d'embarras et de distraction qu'autant qu'il s'attire d'affaires.

8. Si vous aviez le cceur bien droit , et que vous fussiez purifié , tout contribuerait à votre utilité et i votre avancement.

Si beaucoup de choses vous déplaisent et vous troublent souvent, c'est que vous n'étes )>as encore entièrement mort à vous- même, ui parfoitement détaché de toutes les choses de la terre.

Rien ne souille et n'embarrasse le ctrur de l'homme comme l'amour impur des créatures.

Si vous renoncez aux consolations extérieures.

vous pourrez contempler les choses célestes et goûter souvent des joies intérieures.

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