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CHAPITRE XL

Que l*boiDtne n'a rien de bon par M qu'ü w peut

•e gloriBer de rira.

1. LE FIDÈLE. — Seigneur, qu'est-ce que l'homme , pour que vous vous souveniez de lui? ou qu 'est-ce que te fiis de l'homme, pour que vous l'honoriez de vos visites? (Ps. rai, 6.)

Quel mérite avez-voos trouvé dans l'honune pour lui donner votre grèce?

De quoi pourrai-je me plaindre. Seigneur, si vous m'abandonnez?

Ou que puis-je vous représenter avec justice, si vous ne faites pas ce que je vous demande?

Certes , je peux bien penser et dire avec vérité : « Seigneur, je ne sois rien , je ne peux rien

• par moi-mème, je n'ai rien de bon; mais je

• manque en tout, et je tombe sans cesse au

• néant;

• Et si vous ne m'aidez et ne me fortifiez inté-

• rieurement, je tombe aussitôt dans la tiédeur

• et dans le reUcliement. »

2. Pour vous, Se'igaeuT, vous êtes toiyours le même (Ps. ci, 28); et vous demeurerez éternellement tel que vous êtes, toqjours bon , juste et saint, foisant tout avec bonté, avec justice, avec sainteté , et réglant tout avec sagesse.

Mais moi , qui suis plus porté à déchoir qu'à faire des progrès , je ne suis pas toqjours dans Je même état ; car je change à tous les instans.

Néanmoins les choses vont mieux dès qu'il vous plaît , et que vous me tendez une main secourable : car vous pouvez seul me secourir sans le ministère des hommes, et m'aflèrmir de telle sorte que je ne cliange plus si souvent de dispiv sition, mais que mon cœur se tourne vers voua seul et y trouve son repos.

3. C'est pourquoi , si je savais renoncer à toutes les consolations humaines, soit pour acquérir la ferveur, soit à cause de la nécessité où je me trouve de recourir à vous, puisqu'il n'est point d'homme qui puisse me consoler, je pourrais alors avec raison espérer tout de votre grâce , et goôter avec joie le don d'une nouvelle consolation.

4. Je vous rends grâces , puisque c’est de vous que me vient tout ce gui m'arrive de favorable.

Pour moi , bonune inconstant et bible , je ne suis que vanité et néant devant vous.

De quoi puis-je donc me glorifier? et à quel titre désiré-je d'être estimé ?

Serait-ce pour mon néant? Mais ce serait le comble de la vanité.

En vérité, la vaine gloire est une peste bien dangereuse et la plus grande des vanités, puisqu’^e nous détourne de la vraie gloire et nous dépouille des faveurs du ciel ;

Car, dès que l’homme se complaît en luimême, il vous déplaît; et dès qu'il aspire à être loué des hommes, il est privé des véritables vertus.

6. Mais la vraie gloire et la joie sainte est de se glorifier en vous, et non pas en soi-mème; de se réjouir en votre nom , et non pas en sa propre vertu ; et de ne prendre plaisir dans aucune créature qu’à cause de vous.

Que votre nom soit loué, et non le mien; qu'on exalte vos ouvrages , et non les miens ; que votre saint nom soit béni , et que je n'aie aucune part aux louanges des hommes.

Vous êtes ma gloire , vous êtes toute la joie de mon coeur; je me glorifierai et me réjouirai tout le jour en vous ; et pour ce qui me regarde, je n'ai nul sujet de me glorifier que dans mes infirmilés (Il Cor., xii, 6).

6. Que les Juifs cherchent à recevoir la gloire les uns des autres; pour moi, je rechercherai celle qui vient de Dieu seul (Jean, v, 44).

Car toute la gloire humaine , tout l'honneur . temporel, toute la grandeur du monde, quand

on les compare à votre gloire (Icmcllc , ne Sont que vanité et folie.

O vérité qui m’éelairez, et miséricorde en qui j’espfre , mon Dieu , bienheureuse Trinité , qu'à vous seul soit louanf;e, honneur, puissance et gloire dans tous les siècles des siècles !

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