‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 465 sur 684 · La nature aime l'oisiveté et le repos du corps · texte numérisé non relu

La nature aime l'oisiveté et le repos du corps

Mais la grâce ne peut être oisive , et elle embrasse le travail avec plaisir.

8. La nature cherclie â se procurer ce qu’il y a de précieua et de beau , et elle a horreur de ce qui est vil et grossier;

Mais la grâce se plaît aux choses simples et abjectes, ne dédaigne point ce qu’il y a de plus rude, et ne refuse pas de porter les habits les plus usés.

9. La nature envisage les biens temporels, se réjouit de ses gains sur la terre, s’attriste d’une perte, s’irrite de la moindre parole injurieuse;

Mais la grâce envisage les biens éternels, ne s’attache point aux choses tonporelles, ne se trouble point de plus grandes potes , et ne s’irrite point des paroles les plus dures, parce qu’elle met son trésor et sa joie dans le ciel, oA rien ne périt.

10. La nature est avide, et reçoit plus volontiers qu’elle ne donne; elle aime les choses en profHre et pour son usage particulier.

La grâce au contraire est charitable et communique ce qu’elle a, ne veut rien en propre, se contente de peu, et juge qu'il est plus heureux de donner que de recevoir. (Act. , XX, 36).

11. La nature a du penchant pour les créatures, pour sa propre chair, pour les vanités et pour irâ courses ;

Mais la grâce porte â Dieu et â l’exercice des vertus, renonce aux créatures, fbit le monde, hait le désir de la chair, retranche les allées et venues, rougit de paraître en public.

13. La nature est bien aise d'avoir quelque consolation extérieure, pour contenter scs sens ;

Mais la grâce cherche â se oonsoler en Dieu seul, et â mettre tout son plaisir dans le souverain bien, de préHrence â tous les biens visibles.

13. La nature bit tout pour son profit et son utilité propre, et ne peut rien bire gratuitement;

Mais elle espère obtenir pour .ses bienbits quelque chose d’équivalent ou de meilleur, ou des louanges ou de la bveur;

Et elle désire qu’on base grand cas de ce qu’elle bit et de ce qu’elle donne.

La grâce , au contraire , ne recherche aucun avantage temporel ;

Elle ne demande d’autre récompense que Dieu seul;

Et elle ne souhaite des biens temporels les plus nécessaires que cé qui peut lui servir â l'acquisition des biens éternels.

14. La nature se bit un plaisir d’avoir beanuoop d’amis et de parens, elle se gloriBe d’un rang et d’une naissance illustre , elle est complaisante envers les grands, elle flatte les riches, elle applaudit â ses semblables ;

Mais la grâce aime jusqu’à ses ennemis, et ne s’enfle point du grand nombre de ses amis;

Elle ne bit cas ni du rang ni de la naissance , si une plus grande vertu ne les accompagne ;

Elle favorise le pauvre plutôt que le riche;

Elle s’intéresse plus à l’homme innocent qu’â l’homme puissant ;

Elle partage la joie de l’homme sincère et non celle du trompeur ;

Et elle exhorte totyours les bons à rechercher avec ardeur tes qualités les plus parfaites (I Cor. , XII, 31), et à se rendre semblables an fils de Dieu par leurs vertus.

16. La nature se plaint bientôt de ce qui lui manque et qui lui fait de la peine ;

le grâce supporte constamment la pauvreté.

16. La nature rapporte tout â elle-même ; elle ne combat et ne dispute que pour ses intérêts;

Mais la grâce rapporte toutes choses â Dieu, qui en est la source ;

Elle ne s'attribue aucun bien , et ne s'arroge rien avec présomption ;

Elle ne conteste point et ne préfère point son avis â celui des autres; mais elle soumet tous ses sentimens et toutes ses lumières â la sagesse éternelle et au jugement de Dieu.

17. La nature cherche à savoir les secrets et â entendre des nouvelles, elle aime â se produire au dehors et â s’assurer de beaucoup de dioses par le témoignage des sens ;

Elle désire d’être continue, et de bire des choses qui puissent lui attirer des louanges et de l’admiration;

Mais la grâce ne se soucie point d'apprendre des choses nouvelles ou curieuses, parce que tout cela vient de b oorruplioo do vieil homme,

PAR FRÊRR JEAN GBHSEN. - LIVRE IIL

n'y ayant rien de nouveau ni de durable aur la terre;

Elle enseigne donc à réprimer les sens, à éviter la vaine complaisance et l'ostentation, i cacher avec humilité tout ce qui pourrait être loué et admiré , et i rechercher en toutes choses et dans toutes les sciences, l'utilité qui en peut revenir ainsi que l'honneur et la gloire de Dieu ;

Elle ne veut point qu'on parle avantageusement d'elle ni de ce qui la touche ; mais elle souhaite que Dieu soit béni dans tous ses dons , comme celui qui les répand tous par pure charité.

18. Cette grâce est une lumière surnaturelle et un don spécial de Dieu, et proprement le sceau des élus et le gage du salut étemel , puisqu'elle élève l'homme des choses de la terre à l'amour des choses du ciel, et de charnel qu'il était le rend vraiment spirituel.

Plus donc la nature est assujettie et vaincue, plus la grâce se répand arec abondance, et chaque jour, par ses nouvelles influences, l'homme intérieur se réforme pour devenir une plus parfaite image de Dieu.

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