‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 469 sur 684 · CHAPITRE LVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVIII

ac fut point tander cc qui «s( u-demu de dodi , ui les secrets jiigcmcfis de Dieu.

1. jfcsos-CHRisT.— Mon fils, fardez-vous de discuter des matières trop relevto et les secrets juftemens de Oieu; pourquoi celui-ci est ainsi abandonné, et celui-là élevé à un si haut degré de grâce; pourquoi l'un est accablé de tant d’afflictiona, et l'autre comblé de tant d’honneurs.

Toutes ces choses passent la portée de l'esprit humain , et il n'y a ni raisonnement ni discussion qui puisse pénétrer la proCondeur des jugemens de Dieu.

Lors donc que l’ennemi vous suf^ère ces pensées, ou que des curieux vous questionnent sur cela, répondez par ces paroles du prophète ; /'oas êtes juste. Seigneur, et votre Jugement est plein d'équité {Vt. cxviii, 137), et par ceUes-ci : Les jugemens du Seigneur sont vrais et justifiés par eux-mêmes {V*.

ITIII, 10).

Il faut craindre mes jugemens, et non pas les examiner, parce qu’ils sont incompréhensibles à l'esprit humain.

3. Gardez-vous aussi de mouvoir des questions ou des disputes sur les mérites des saints ; qoel est entre eux le plus saint , ou lequel a été le plus élevé dans le royaume des deux.

De telles questions engendrent souvent des débats et des contestations inutiles, et nourrisaent aussi l'orgueil et la vaine gloire, d'où naissent des Jalousies et des dissensions, chacun faisant d'orgneiilenx eflbrts poàr assurer le premier rang , i'un à un saint , et l'antre à un autre.

D'ailleurs, le désir de savoir et d'approfondir ces choses, loin d'étre d'aucune utiiité, déplaît plutùt anx saints : car je suis, non pas un Dieu de dissension, mais un Dieu de paix (I Cor., UT, 33); et cette paix consiste plus dans une vraie humilité que dans le désir de s’élever.

3. n en est qui, par un zèle de prédilection , ont plus d'affection pour quelques saints que pour d’antres; mais affection qui est plus de l’homme que de Dieu.

Cest moi qui ai fait tous les saints, qui leur ai donné la grâce,- qui les ai élevés'à la gloire, qui ononais les mérites de chacun , qui les ai

JÉSUS-CHRIST

prévenus de mes plus douces bénédlcUont (Ps., xx,é).

Par ma prescience j’ai connu mes bien^'més avant tous les siècles ; je les ai choisis et tirés du monde, et ce ne sont point eux qui m’ont choisi les premiers.

Je les ai appelés par ma grâce et attirés par ma miséricorde : je les ai lait passer par diverses épreuves.

J’ai répandu dans leur ctrur des consolations merveilleuses, je leur ai donné la persévérance, j'ai couronné leur patience.

4. Je les comiais tous depuis le premier jus qu'au dernier; je les ahne tous d'un amour inappréciable.

C'est moi qui . dois être loué dans tous mes saints, c'est mui qui dois être béni par-dessus toutes choses et honoré en chacun d'eux , puisque je les ai élevés à une si grande gloire , et prédestinés sans qu’il y ait eu en eux aucun mérite propre qui ait précédé.

Celui donc qui méprise un des moindres de mes saints n'honoré pas le plus grand ;parceque c’est moi qui ai également fait le plus petit et le plus grand ;

Et celui qui dégrade quelqu'un des saints me dégrade mot-même , et tous les autres qui sont dans le royaume des deux.

Tous ne sont qu'un par le lien de la charité ; ils n'ont tous qu'un même sentiment , une même volonté, et ils s'aiment tous en moi seul.

6. Mais ce qui est bien plus sublime, ils m'aiment encore plus qu'eux-mèmes et leurs mérites ;

Car, élevés et ravis au-dessus d'eux-mémes, et dégagés de l'amour propre, ils s’abîment entièrement dans l’amour qu’ils me portent , et ils y jouissent d’un parfait repos.

Il n'est rien qui puisse les détourner ni les rabais-srr ; parce que, pénétrés de la vie étemelle, ils brûlent du feu d'une charité qui ne peut s’éteindre.

Que les hommes charnels et terrestres, qui ne savent aimer que leim satisfaction particulière , cessent donc de discourir sur l'état des saints.

Ils en retranchent et y «joutent selon leur inclination , et non selon la règle de l'étemelle vérité.

6. Cest ignorance en plusieurs , et surtout en ceux qui, étant peu éclairés, savent rarement aimer quelqu’un d’un parfait amour spirituel.

ili ont encore pour tels ou tds une afTcclion naturelle et une amitii tout humaine; et ils s'imaginent qu'il en est des choses du ciel comme de celles de la terre.

Mais il y a une düKrence infinie entre ee que pensent les imparfaits et ce que les Immmes éclairés connaissent par la révélation d'en haut.

7. Gardez-vous donc, mon dis, d'exercer votre curiosité sur oes objets qui sont au-dessus de vos lumières; mettez plutdt vos soins et votre altentiim à pouvoir être seulement le plus petit dans le royaume de Dieu.

Et quand quelqu'un saurait qu'il est plus saint ou plus grand qu'un autre dans le royaume des deux, que lui servirait cette connaissance, si elle ne le portait à s'humilier devant moi et à glorifier mon nom avec plus d'ardeur ?

Celui qui pense à la grandeur de ses péchés et à la fhiblesse de ses vertus , et combien il est éloigné de la perlèction des saints, fait une chose bien plus agr^ble à Dieu que celui qui s'amuse à disputer sur le degré plus ou moins élevé de leur gloire.

Il vaut mieux invoquer les saints par de ferventes prières accompagnées de larmes, et implorer humblement leurs glorieux suffrages, que de vouloir pénétrer par une vaine recherche les secrets dekur état. |

8. Les saints sont contens et très contens , pooTvn que les hommes saclient se contenter et réprimer la licence de leurs vains discours.

Les saints ne se glorifient point de leurs mérites, parce qu'ils ne s'attribuent aucun bien, mais qn'ils le rapportent tout à moi , vn que je leur ai tout donné par ma charité infinie.

Us sont remplis d'un si grand amour de la Divinité et d'une joie si surabondante , qu'il ne manque rien è leur gloire , et qu’il ne peut rien manquer à leur félicité.

Plus les saints sont élevés daus la gloire, plus ils sont tous humbles en eux-mèmes , et plus ils se rapprocUent de moi et me deviennent chers.

Cest pourquoi vous trouvez écrit qn’ils jetaient leurs couronnes au pied du trtrne de Dieu (Apocal., iv, 10) ; et encore, qvUlsse sont prosternés devant l'Agneau, et qn'ils ont adoré celai qui vit dans les siècles des siècles (Apocal., V, lé).

9. Plusieurs recherchent qui est le plus grand dans le royaume de Dim, et ils ne savent pas

s’ils seront dignes d'ètre comptés parmi les plus petits.

C'est quelque chose de grand que d'ètre même le plus petit dans le ciel, où tous sont grands; parce que tous y seront appelés enfàns de Dieu et le seront en effet.

Le moindre d'entre eux en vaudra mille (Isaie, VL, ti), et le pécheur de cent ans (IsaTe, XIV, 20) mourra.

Aussi , comme mes disciples me demandaient qui était le plus grand dans le royaume des deux , ils reçurent cette réponse :

Si vous ne xxms convertissez etnedevenez comme des petits enfans, vous n'entrerez point dans le royaume des deux. Quiconque donc se rendra petit comme cet enfant , c’est lui qui est le plus grand dans le royaume des c/eiix (Math., xviii,3, é).

10. Malheur à ceux qui désignent de sliuniilier volontairement avec les petits! car la porte du royaume des deux étant basse ils ne pourront y entrer.

Malheur aussi aux riches qui ont ici leur satisfaction; parce que, tandis que les pauvres entreront dans le royaume de Dieu , ils demeureront deliors et jetteront des cris de désespoir.

Humbles, réjouissez-vous; pauvres, soyez transportés de joie, parce que le royaume de Dieu est à vous (Luc, vi , 20), si cependant vous mardiez dans la vérité.

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