CHAPITRE XII
BellM psr«W« d'on éréque à laiote Moak|ue touchant U oontmkm de aoo fila.
Mais vous ne vous êtes pas contenté, mon Dieu, de lui avoir donné cette première parole pour gage de vos bienfaits , vous lui en avez encore donné une seconde en une occasion que je raconterai maintenant, puisqu'elle me revient dans la mémoire. Car je passe beaucoup de choses, ou parce qu'elles se sont effacées de mon esprit, ou parce que je me hâte de venir bientôt aux faveurs principales que j'ai reçues de vous, peur lesquelles je me sens pressé devons rendre de très humbles actions de gréces. Vous lui avez donc parlé encore une seconde fois par un bon évêque nourri dans le sein de votre Église et dans la connaissance de vos Écritures. Elle le suppliait un jour de prendre la peine de conférer avec moi pour combattre mes erreurs, et me détromper de mes fousses opinions eu m'instruisant de la vérité, cequ'elle faisait toujours lorsqu'elle rencontrait des personnes qui en étaient capables ; nuis ce sage prélat s'en excusa et certes avec beaucoup de prudence, ainsi que je l'ai reconnu depuis, et lui répondit que j'étais encore trop indocile , parce que la nouveauté de cette hérésie m'avait rempli de présomption et de vanité, et que j'avais déjà embarrassé plusieurs personnes ignorantes par la vaine subtilité de mes questions , ainsi qu'elle même le lui avait raixMité.>Lais$ez-le, lui dit ce saint homme; con- I entez-vous de bien prier Dieu pour lui, et vous verrez qu'il reconnaîtra lui-même l'erreur et l'impiété de ces hérétiques par la lect ure de leurs propres livres. *
n lui conta ensuite que sa mère, qui était aussi tombée dans l'erreur de la même secte, l'ayant donné tout petit aux Manichéens afin de l'instruire, il avait non-seulement lu, mais transcrit presque tous leurs ouvTages, et sans que personne se mit en peine de disputer contre lui, ou Je le convaincre par des argiimens, il avait découvert de lui-méme combien cette hérésie était détestable, et qu'ensuite il l'avait abandonnée. Ce qu'ayant dit i ma mère, et voyant qu'après cela néanmoins elle ne se rendait pas, mais qu’elle le pressait avec encore plus d instance, et, fondant en larmes, le conjurait de me voir et d'entrer en discours avec moi , il lui répondit
enfin comme importuné de ses prières ; x Allez et continuez de faire ce que vous faites, car il est impossible qu'un fils pleuré avec tant de larmes périsse jamais.» Ce qu’elle reçut, ainsi qu’elle m’a témoiipié souvent, avec la même confiance que si Dieu le lui eôt dit de sa propre bouche.