‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 62 sur 684 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

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Quelle folie de ne savoir pas aimer les hommes comme des hommes! Et cpie l'homme est peu sa^ de souffrir avec tant d'impatience ces infortunes humaines ! Je m'agitais , je soupirais , je pleurais et j'étais en trouble , sans trouver aucun repos, ni sans savoir à qnoi me résoudre. Car je portais mon àme toute déchirée et toute sanglante qui ne pouvait souffrir de demeurer dans mon corps , et ne savais où la mettre. Elle ne trouvait point de soulagement , ni dans les bois les plus agréables, ni parmi les jeux et la mosique, ni dans les lieux les plus odoriforans , ni dans les festins les plus magnifiques, ni dans les voluptés de la chair, ni dans les livres et dans les vers. Toutes choses, et la lumière même , m’étaient en horreur ; et tout ce qui n'était pas mon ami m'était devenu insupportable , excepté les larmes et les soupirs dans lesquels seuls je trouvais un peu de soulagement.

Quand je cessais de pleurer, je me sentais aussitôt accablé du pesant fardeau de mes douleurs, dont vous seul, 0 mon Dieu, ponviex me décharger et me guérir. Je le savais bien , mais je n'avais ni la volonté ni la puissance de vous demander du secours; et je m'en trouvais d'autant plus incapable, que lorsque je pensais 1 vous , je n'en concevais rien de certain ni de solide. Car ce n'était pas vous, mais ce vain lântOme et mon erreur qui était mon Dieu. Si je tâchais de mettre mon âme en repos en la mettant entre les mains de ce Dieu imaginaire, elle se laissait tomba' dans ce vide, et venait encote m'accabler. Ainsi j'étais â moi-méme un lieu malheureux où je ne pouvais demeurer, et d'où je ne pouvais m'éloigner. Car comment mon coeur eùl-il pu s'éloigner de mon propre coeur? Comment me seraivje enfoi de moi-roéme? Comment Jie me serais-je point suivi moi-méme? Je quittai néanmoins mon pays , parce que mes yeux cherchaient moins mon ami aux lieux où ils n'avaient pas accoutumé de le voir; et de Tagastr, ?e vins â Carthage.

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