CRITIQUE
Vicille de cinquante ans, cette méthode est encore la plus utilisée en France. Ses avantages sont incontestables. On en connaît le principe. L’injection hypodermique de tuberculine a un organisme tuberculeux détermine trois sortes de réactions : une réaction organique plus ou moins perceptible, insuffisamment significative, une réaction locale importante à considérer lorsqu'elle existe, enfin une réaction fébrile. La courbe thermique obtenue est sans aucun doute le meilleur élément d’appréciation et, basée sur des mesures précises, permet, en Sénéral, un diagnostic sûr.
Correctement appliquée, cette méthode est excellente. En 1920, d’après MOHLER, sur un ensemble de 25.000 animaux éprouvés, les indications fournies par ce procédé ont été confirmées dans 98,93 % des cas.
Mais ses inconvénients sont nombreux. Tout d’abord l'opérateur doit s’entourer d’un certain nombre de précautions indispensables pour l’obtention de résultats intègres. Douze heures au moins avant la tuberculination, les animaux doivent être maintenus au repos dans
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des locaux à l’abri des variations thermiques. La température de ces animaux doit être prise au moins deux fois avant l’injection. Il est nécessaire d’opérer toujours avec le même thermomètre. Il est contre-indiqué d’abreuver une heure au moins avant tout relevé thermique. On ne peut tuberculiner, ni les vaches dans leur dernière période de gestation ou qui viennent de mettre bas, ni les femelles en chaleur.
: Or ces précautions sont-elles toujours prises ?
Malheureusement non, et il n’est pas rare de voir soumettre à l’épreuve de la tuberculine des bœufs après une longue séance de labour.
Ensuite, on ne peut passer sous silence l’existence d’un assez $rand nombre de défaillances dûes, soit à la tuberculine elle-même, mal conservée ou de mauvaise qualité (titrase défectueux), soit à l’opérateur, dûes enfin, et ce sont les plus importantes, au terrain dans les cas de tuberculose en incubation ou d’anergie.
Mais l’inconvénient majeur, du fait qu’il est largement exploité à l’heure actuelle, réside en la propriété de provoquer des phénomènes d’accoutumance.
De nombreuses observations ont prouvé que l’injection sous-cutanée de tuberculine peut épuiser la faculté réactionnelle de l’or$ganisme à une nouvelle épreuve pendant une période oscillant autour d’un mois. Elle interdit par suite l’utilisation d’un procédé basé sur des réactions locales pendant ce laps de temps. Nous verrons les conséquences que cela peut entraîner dans un autre chapitre. L'expérience a montré que si l’on fait à un même animal plusieurs injections répétées on crée dans l’organisme un certain degré d’accoutumance se tradui-
AG e / À sant par une réaction souvent nulle à une nouvelle tuberculination même à dose double. Cette « incapacité allersique » peut durer cinq à six semaines.
Certains marchands de bestiaux n’ignorent pas le point faible de la méthode et n'hésitent nullement à le
mettre à profit pour tromper l’acheteur qui songerait à tuberculiner un sujet récemment acquis. Le vendeur fait «le coup des trois semaines » lorsque, son bœuf étant trouvé réagissant malgré tout, il demande à l'acheteur de procéder à une seconde tuberculination trois semaines après en prolongeant le délai légal.
Or, il est aisé de comprendre que l'intervalle de temps entre les deux épreuves est insuffisant et devrait être au moins d’un mois, sinon d’un mois et demi. Pourquoi des règles plus précises ne sont-elles pas dictées à cet effet ? | |
On ne peut que s’insur$er devant de tels procédés. Il serait souhaitable pour y remédier de faire un contrôle plus sérieux de la tuberculine et de mettre fin, par des mesures strictes, à un commerce vraiment scandaleux.
En résumé, la tuberculination sous-cutanée est une méthode sûre, mais son efficacité est actuellement mise en doute. En évitant certaines erreurs d’utilisation et en interdisant les fraudes commises il est cependant possible de justifier la grande valeur qu’on lui accordait autrefois,