LES NOCES
Ici sont venus en personne, Martin, fils de la grand'Simonne, Comme aussi la belle Alison, Comme aussi sa tante Jacquette, Grâces à Dieu assez honnête, Et les parents de la maison.
Ils ont de leur volonté franche Promis qu'ils donneraient dimanche A Martin la jeune Alison Pour son épouse légitime.
Car c'est ainsi que l'estime, Pour la mener dans sa maison.
Elle a bien une aune de toile, Un pot à ferrer de la moelle.
Plus un bahut, plus un châlit.
Plus un chaudron, une cuvette, Plus un poêlon, une houlette. Plus un flacon qui tourne à vis.
Elle a dans son propre une cotte.
Un bois-taillis sur une motte.
Un petit logis tout joignant Dont l'entrée est si difficile Qu'une personne, quoique habile.
N'entre là qu'en s'agenouillant.
De son côté, Martin apporte Une clef pour ouvrir la porte Du petit logis d'Alison ; Elle est sans dent, elle est polie Et, ce qui la rend plus jolie.
L'anneau est bordé de coton.
Les futurs, contents des promesses, Se sont fait beaucoup de caresses ; Peu s'en est fallu qu'Alison, En présence de l'assemblée.
N'ait fait entrer Martin d'emblée Dedans sa petite maison.
Grécourt.