Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9
Matthien de Concy, qui parait avoir connu personnellement Monstrelet, dont il fut le continuatear, dit positivement qu'il était natif de la comté de Boalenois. Des renseignemens fournis par Monstrelet lui-même il résulte aussi qu'il était né d'un père noble, mais peut-être quelque peu irrégulièrement, vers la fin du XV* siècle.
« Nous ne savons autre chose de l'histoire de ses premières années, dit H. Dacier dans son Mémoire sur cet historien, sinon qu'il montra dès sa jeunesse du goût pour l'application et de l'éloignement pour l'oisiveté. Les citations de Salluste, de Tile-Live , de Vegèce et de quelques autres anciens auteurs qui se rencontrent dans le cours de son histoire, donnent lieu de juger qu'il avait tait des progrès dans les lettres latines. Soit- que l'amour de rétude remportât chez lui sur le désir d'acquérir de la gloire dans le métier des armes, soit qu'une feible constitution on tout antre rai» son l'empéchit de se livrer à cette profession, je ne vois pas qu'il ait cédé à la passion dominante de son siècle, où les noms de gentilhomme et de soldat étaient presque synonymes. L'oisiveté qu'il voulait éviter, en recueillant, comme il le dit, les éTéneraent de son siècle, prouve, ce me semble, qu'il n'en était que spectateur tranquille. Il n'aurait pas eu besoin de chercher à se faire des occupations solitaires s'il eût été Armagnac ou Bourguignon; et ce qui prouve encore mieux qu'il n'était ni de l'une ni de l'autre faction, c'est que Monstrelet, soigneux d'instniire ses lecteurs de l'état, de la qualité, souvent même des noms des personnes sur le rapport desquelles il écrit, ne fait jamais valoir son propre témoignage. Dans tout son ouvrage il ne parle d'après lui-raéme qu'une seule fois, lorsqu'il raconte la manière dont la pucelle d'Orléans fat faite prisonnière par les Angfads devant Compiègne. Encore ne dit-il pas qu'il fût présent à Tescarmouche dans laquelle celte héroïne infortunée fut prise : 11 donne an contraire à entendre qu'il n'y était pas, et il n'en parle que pour nous apprendre qu'il avait été présent i l'entrelien de h prisonnière avec le duc de Bourgogne; car il accompagnait Philippe dans cette ooeisioB, peut-être comme bistorieo. n demeurait
dans la ville de Cambrai lorsqu'il composa son histoire,jet il y passa le reste de sa vie ; il y fut même fixé par différens emplois importans, dont chacun exigeait la résidence de celui qui en était pourvu.
B Monstrelet fut marié ; il avait épousé Jeanne de Valbuon ou Yalhuon, et en eut plusieurs en- &ns.
» Il avait été pourvu, en f4S6, de l'ofOce de lieutenant de Gavenier de Cambrai , concurremment avec Le Bon de Saveuses , écuyer d'écurie du duc de Bourgogne, ainsi qu'on le voit par les lettres-patentes de ce prince, adressées, à cet effet, à son neveu le comte d'Ëtampes, en date du 15 mai de celte année, et qui étaient conservées dans le cartulaire manuscrit de l'église de Cambrai*. Elles supposent même que Monstrelet exerçait depuis quelque temps cet oITlce, puisqu'il y est dit qu'il continuera de Ikire la recette dudil Gavène*, ainsi qu'il l'a feit par avant jusqu'à prêtent.
» Il y joignit bientôt celui de bailli du chapitre de Cambrai, pour lequel il prêta serment le 20 juin 1436, et qu'il posséda jusqu'au commencement de janvier aw, qu'on lui donna un successeur.
» La considération qu'il s'était acquise lui mérita, en 1444, la dignité de prévôt de la ville de Cambrai, pour laquelle il prêta le serment ordinaire le 9 novembre; et le 13 mars de l'année suivante, il ft)t pourvu de celle de bailli de Wallaincourt. Il les conserva l'une et l'autre jusqu'à sa mort, arrivée vers la mi-juillet 1453.
» Les Chroniques de Monstrelet sont une véritable histoire, où, malgré des imperfections et des omissions , se rencontrent tous les caractères de l'histoire proprement dite. Il y remonte toujours aux sources des événemens, il en développe les
■ Extrait du Cartulaire de l'église de Cambrai, ialitnlé Cameracom, au mot gavalum iiij, m Comeraco.
* Gave, ou gavène, signifie en flamand don, présent. Cétait une redevance annuelle que les sujets des églises du Cambrésis payaient au duc de Bourgogne, pour la garde de ces églises, qui lui appartenait en qualité de conte d« Flandre. Du nom du tribat se forma celui de gavenier, qu'on donnait souvent au due de Bourgp^ gne; et le gentilhomme par qui le prioee t^ laUatt remplacer avait l« litre de lieutenant de gavenier.
NOTICE SUR ENGUERRAM) DE MO^STRELET.
causes, il les suit jusque dans les moindres détails ; et, ce qui les reqd inGniment précieuses, il ne manque presque jamais de rapporter les cdits, déclarations, mandemens, lettres, négociations, traités, plaidoyers, etc., comme pièces justificatives. A l'exemple de Froissart, il ne sc borne pas aux événemens qui se sont passes en France , il embrasse, avec des détails presque aussi étendus, ce qui est arrivé da considérable eu Flandre, en Angleterre, en Ecosse, en Irlande. Il rappelle, mais plus succinctement, ce qu'il pouvait savoir des affaires d'Allemagne, d'Italie, de Hongrie, de Pologne, en un mot des dilTcrens états de l'Europe; quelques unes même (je ne citerai que la guerre des Sarrasins contre te roi do Chypre) sont traitées plus au long qu'on n'aurait lieu de l'attendre d'une histoire universelle. Enfin, quoique Monstreict semble avoir eu ponr objet principal de conserver la mémoire des guerres qui désolèrent de son temps la France et les pays voisins, de faire connaître particulièrement les personnages qui se distinguèrent par des actions de vaillance dans les batailles, les assauts, les rencontres, les duels, les tournois, et d'apprendre à la postérité que son siècle a produit autant de héros qu'aucun de ceux qui l'ont précédé, il ne néglige pas de rendre compte des grandes affaires, soit politiques, soit ecclésiastiques, qui tombent au temps dont il parait ne vouloir écrire que Ihistoire militaire. On y trouve, pour celle des conciles de Pise, de Constance et de Bâle, des détails importans que les auteurs qui ont écrit l'histoire de ces conciles ont dû emprunter pour les conférer avec les autres Mémoires sur lesquels ils travaillaient.
» Il n'y a point d'historien qui ne cherche à gagner la confiance de ses lecteurs en commençant par exposer dans une préface tout ce qu'il a fait pour parvenir à être instruit à fond des choses qu'il va raconter. Tous protestent qu'ils n'ont omis aucun des moyens possibles, tant pour s'assurer de la vérité des faits que pour en recueillir les détails, et qu'ils n'ont épargné ni leur temps ni leurs peines. Sans doute il y a quelquefois à rabattre de ces protestations : celles de Moostrelet sont accompagnées de caractères qui nous répondent qu'on peut s'y fier. Aurait-il osé dire à des contemporains, prêts à le démentir s'il en càt imposé, qu'il avait eu soin de consulter sur les affaires militaires ceux qui par leurs emplois devaient être le plus à portée de voir les actions ; sur les alTaires d'un autre genre , ceux qui par état y avaient eu la plus grande part; sur les unes et sur les autres, les ieigneors des différens partis qu'il avait en sduveiit l'adresse de faire parler des mêmes chosos
à diverses reprises , comme pour les confronter avec eux-mêmes ; sur des objets moins importans, tels que les fêtes, les joutes, les tournois, ceux que leur office appeliiit à en être les témoins et les juges , c'est-à-dire les rois d'armes , les hérauts , les poursuirans? Pour surcroît de précaution, ce n'était jamais que plus d'un an après que l'événement était passé qu'il se mettait à rédiger ses malérinux et qu'il commençait à écrire : il attendait que le temps eut fait tomber les fausses relations et confirmé les véritables. Une infinité de trait s répandus dans son ouvrage attestent d'ailleurs sa bonne foi. Il distingue presque toujours les (ails dont il est parfaitement sûr d'avec ceux qui lui laissent quelque incertitude. S'il n'a pu s'en procurer la preuve, il en avertit et ne va pas au-delà ; s'il croit avoir omis des détails qu'il aurait dû savoir, il ajoute naïvement qu'il les a ouitliés. Ainsi , après avoir parlé de l'entretien du duc de Bourgogne avec la pucelle, auquel il avait été présent, il se rappelle en gros que quelques circonstances lui ont échappé, et il avoue qu'il ne s'en souvient pas.
» Lorsqu'après avoir raconté un événement , il acquiert des connaissances qui peuvent ou suppléer on corriger son récit, il en prévient ses lecteurs, et iyoule après coup ou retranche, conformément aux nouvelles lumières qu'il a reçues.
» La narration de Monstreict est diffuse , mais claire ; sa marche est pesante, mais toujours égaie : s'il sc permet quelques réflexions, ce qui est riirc, elles sont toujours courtes et judicieuses. La trempe de sou esprit se manifeste surtout en ce qu'on ne trouve chez lui aucun de ces faits ridir culcs de sorcellerie, de magie, d'astrologie, aucun de ces prodiges absurdes qui déshonorent la plupart des ouvrages de son temps. On reconnaît de même la bonté de son cœur aux traits de sensibilité qui lui échappent dans les récits de batailles, de sièges, de prises de villes emportées d'assaat. n semble alors s'élever au-dessus de lui-naéoae ; son style acquiert de la force et de la chaleur. S'il raconte les préparatifs et le commencement d'une guerre, son premier mouvement le porte à déplorer les maux dont il prévoit que le peuple sera bientôt accablé. Pcinl-il le désespoir des malheureux habitans de la campagne, pillés et massacrés par les différens partis, on sent qu'il en était pénétré et qu'il s'attendrissait en écrivant. L'humanité était le fond de son caractère ; je ne craindrais pas d'y syouter l'amour de la vérité.
» Je sais que, sur cet article, sa réputation n'est pas sans tache, et qu'on l'accuse assez cummunément de partialité pour la maison de Bourgogne et pour les Bourguignons; mais je crois celte asser-
.NOTICE SLR ENGUERRAND DE MOXSTRELET.
tkm dëouée de fondement. J'ai remarqac, dans le coars des années dont Monslrelet a écrit l'histoire, quelques laits qui peavent , par la manière dont ils sont exposés, noos mettre à portée de juger s'il était capable de sacrifier la vérité à son inclination pour la maison de Bourgogne.
» Uu seul fait suflira pour la justification de l'historien. Aucun «les bbtoriens de son temps n'a parlé avec autant de détail que lui de la plus horrible des actions dn dac de Bourgogne, je veux dire du mons- Imeux complot formé en 1 41 5 par les émissaires que ce prince avait envoyés à Paris pour machiner et traiter secrètement; où il ne s'agissait de rien moins que apprendre le roi, le mettre en chartre, ptû le mettre à mort, avec la reine, le chancelier i* France, lareine de Sicile et autrettansnomlfre. . Honstrelet expose sans réserve toutes les circonstances de la conspiration ; il nous apprend par qui eUe fut découverte ; il nomme les plus considérables d'entre les complices , dont les uns furent iéeapitée, les autres noyée. « Toutefois, igoute-t-il, le* noble» çue le dit due de Bourgogne avoit envoyés $'en retournèrent ouvertement, au mieux fu'iU purent, et ne furent ni prit ni arrêtés. » Uo historien dévoué au duc de Bourgogne aurait Inité celte affaire avec plus de ménagement, et n'etit pas manqué de mettre le projet sur le compte des partisans du prince, sans dire expressément qu'ils avaient agi par son inspiration et par ses ordres contenus en lettres de crédenee signées de ta main. Il est assez singulier que Juvénal des Ursins , qu'on ne saurait soupçonner d'avoir été Bourguignon, se soit contenté de rapporter ce fait tris sommairement, sans y donner aucune part au doc, que même il ne nomme pas '.
» L'impartialité de Monstrelet n'est pas moins sensible dans le manière dont il parle des chefs des deux partis : Bourguignons et Armagnacs sont loués ou blimés, sans acception de personne, suivant le noérite de leurs actions. Les excès auxquels on se livrait de part et d'autre sont décrits avec la même force et le même ton d'indignation. En l4li,GiarIes VI, ligué avec le duc de Bourgogne, ordonna, par un mandement exprès , que partout ie royaume on courût sus « à ceux qui tenaient le parti d^ Orléans. £lsi était alors piteuse chose, dit l'historien , d^ouir raconter les griéves perse- «HlMMW que chacun jour faisaient, » On voit que les tenoes ne sont pas ménagés. Ils ne le sont pas davantage dans le récit qui suit immédiatement : « Trois mille combattants s'en allèrent à Viceitre,
en une moult belle maison appartenant au duc
de Berri (qui tenoit le parti du duc d'Orléans), et
• Uistoirc de Charles VL
en la haine du dit duc la détruisirent et démolirent très vilainement, excepté les murs. »
B L'espèce d'intérêt qu'il témoigne ici pour le duc de Berri s'accorde parfaitement avec celui qu'il montre ailleurs pour Charles Vf. Il allait avoir le cœur vraiment français pour peindre comme il l'a fait l'abaissement et l'abandon auxquels la cour de France fut réduite en 1430, comparés à la pompe de celle du roi d'Angleterre ; il est touché de l'état d'humiliation de l'one et parait blessé du faste de
l'autre : « lesquels éloient bien différents ; car
le roy de France éloit petitement et pauvrement
servi et accompagne et i peu, ce dit jour, fut
visité, n'accompagné , sinon d'aucuns vieils serviteurs et gens de petit état; laquelle chose moult devoit déplaire aux cœurs des vrais François. » Et quelques lignes plus bas : « Quant est à parler de l'état du roi Henri d'Angleterre , nul ne sauroit raconter les grands états , pompe et bobans qui furent faits en son hôtel. » Cette idée l'avait tellement frappé qu'elle lui revient encore à l'occasion de la solennité de la Pentecôte, que le roi et la reine d'Angleterre vinrent célébrer i Paris , en 1433 : « Tindrent à ce dit jour les dits roi etroinc
noble court et large Mais le roi Charles se
séoit en son hôtel à Saint-Pol, avec lui la roine sa
compagne, assez seuls par lesquelles choses
plusieurs loyaux François avoient an cœor grande tristesse, et non pas sans cause <. »
» Ces diffërens traits réunis concourent, si je ne me trompe , à prouver qu'on a trop légèrement taxé Monslrelet de partialité pour la maison de Bourgogne et de mauvaise volonté pour celle d« France. »
Les manuscrits de Monstrelet sont fort multipliés en France ; la bibliothèque du roi en possède seule un assez grand nombre : deux en particulier méritejit d'être mentionnés.
Le no 8399», autrefois Colbert 19, est un magnifique maauscrit à lettres gothiques allongées et sur parchemin; mais son exactitude ne répond pas à sa beauté. Le copiste parait avoir été aussi ignorant en tout ce qui concerne l'histoire qu'habile en calligraphie.
Le n<> 8347 **, autrefois Colbert 3186, est moins beau d'exécution. Il est écrit aussi sur parchemin, mais d'une écriture courante assez peu élégante.
Quant aux éditions imprimées et i la traduction anglaise de Johnes, elles sont remplies des fautes les plus grossières et défigurées par les omissions les plu* essentielles.
' La Chronique inédite de Georges ChastetalD, que je publie dans celte collection du Pantliéon, contient des renscignemens curieux sur celte même époque et ces mêmes faits.
NOTICE SUR ENGUERRAND DE MONSTREIiET.
lia premièrQ édition françaite est en caractères gothiques, in-4<>, à deux colonnes, ches Jean Petit et Uidtel Le Noir, 1513, avec des additions jnsqa'à In mort de Charles VUI incliulvement.
La deaxièinei aqssi golhiqae, est in-folio, sans da'.e, ch«x Antoine Yerard.
La troisième, in-folio, an beaux caractères , a «té relonchée par Denis Sanvage ; Paris, Guillaame Chaudière, 15~2. Elle va josqu'i l'année 1516, et comprend le récit de la bataille de Marignan. La bibliothèque spanbeiroienne de Berlin contient un exemplaire de Monstrelel portant la même date, nais avec le nom de Pierre L'Huillier, à Paris.
La quatrième édition est de Laurent Sonnius ; Paris, 1596, in-folio.
La cinquièrne est de 1603.
Th. Johacs a traduit Monslrelet en anglais, et en a donné une édition de luxe in V, dans sa maison d'Hafod, en 1808; mais elle est encore plus imparfaite que sa traduction de Froissart.
Toutes ces éditions avaient paru si mauvaises au célèbre Du Gange, qu'il s'était occupé de relever pour son propre usage les fautes les plus saillantes do l'édition de Chaudière , qui était la plus belle. Ces errata, eu 21 pages petit in-folio, forment un petit pamphlet à part, déposé à la Bibliothèque royale avec les manuscrits de|Dn Cange, et ne sont pas, comme le dit Jobncs, copiés aux marges d'une édition de Monstrelot. J'ai eu ce petit vchime entre les mains, et j'ai proGfé, dans cette édition, de ' ae» corrections , qui , au reste , pour la plupart étaient rendues inutiles par l'exactitude dn manuscrit «WT **, que j'ai suivi.
Aucun des éditeurs de Monstrelet n'avait hésité jusqu'ici à lui donner les quatre livres des Chroniques comme lui appartenant en propre.
J'ai examiné celte question avec l'attention la plus scrupuleuse. Il était aisé de voir que le quatrième livre devait d'abord être retranché sans laborieux examen, llonstrekt, étant mort en US3, n'a pu écrire ce qui s'est passé en U67 et années suivantes.
. Quant au troisième livre, qui commence avec l'année 1444, j'ai déjà prouvé dans ma première édition qu'il (allait le lui retrancher également. La publication faite par moi de la Chronique de J. du Cleroq, d'après l'édition tonte récente de M. de fieiSeJaberg, ne ne permettait ûe conserver aucun douta. Indépendamment do témoignage de
Matthieu de Concy, qui déclara lui-même que Monstrdet s'est arrêté en 1444, et qu'il connetice en conséquence sa continuatiw i partk' de cette année, on a encore, pour en attaquer l'authenticité, des témoignages pnissans tirés de sa Chronique elle-même. Mon opinion est qu'un librairc'éditear, voulant donner une Chronique complète, aura réuni ou fait réunir par quelque personne inexpérimentée les divers matériaux qui devaient composer ce troi* sième livre. J'ai comparé Krapulensement ce texte avec les chroniqueurs contemporains, et voici le ré* sultat de mon examen année par année.
Depuis l'année 1444, qui commence le livre, jusqu'à la guerre de Gand, en avril 14S5, l'éditeur s'est contenté de copier servilement les grandes chroniques , en les mutilant seulement quelquefois et en intervertissant de la manière la plus maladroite l'ordre des chapitres. Ces quarante deux pages in-folio n'offrent que çà et li quelques interpolations prises dans J. dn Clercq.
Avec la guerre de Gand commence la copie littérale de ce chroniqueur, qui est , avec Matthieu de Coucy et Georges Chaslelain, un des chroniqueurs les plus intércssans dn quinzième siècle.
De l4SSà 1466, époque de la mort de Charles Vn, l'éditeur a littéralement copié J. dn Clereq, en mutilant parfois le texte d'une manière inintelligible et en confondant les chapitres et les dates.
En 1467 comnence une addition qui comprend tout le règne de Louis XI jusqu'en 1481, époque de sa mort ; c'est une copie textuelle, mais imparikite encore, de la Chronique de Louis XI, connue sous te nom de Chronique scandaleuse.
De 1489 è 1497, époqne du règne de Charles VIII, l'éditeur a copié la Chronique de Desrey.
Pour le règne de Louis XII, de 149T è 1SS4, il ne m'a pas été possible de trouver quelle chroniqve avait fourni des matériaux aux ciseaux de l'éditeur, qui a terminé sa compilation en donnant une doosaine de pages sur les deux premières années du règne de François l*', de lSt4 ft ISie.
Si, dans toutes les éditions in-folio qui ont été données jusqu'ici de Monstrelet, en France et dans les pays étrangers, on a laissé subsister ces grossières mutilations, c'est que ces sortes de travaux étaient f^its avec la plus grande négligence , les libraires remplissant eux-mêmes les fonctions d'éditeur. J'espère qu'à dater de mon édition, Monstrelet sera dégagé à jamais de%et Importun bagage.
Faris, 30 octobre 1830.