‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 100 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

appliquer et Tenir à Pise les ambassadeurs du roi d'Espagne. Tant qu'est du nombre des prélats là étant, ne peut pas être j ustement estimé, car tous les jours viennent nouveaux prélats de diverses parties du monde : mais par espoir, au derrain siège du dit concile, tant de cardinaux qu'évèques, archevêques et abbés, furent cent cinquante prélats ornés de chapes et de mitres, sans les autres aUiés qui n'ètoient point mitres. Là éloient aussi les ambassadeurs des rois de France, d'Angleterre, de Jérusalem, de Sicile, Chypre etPoulaine; les ambassadeurs des ducs de Brabant, de Ostrice, de Etienne de Bavière, de Guillaume de Bavière ; les ambassadeurs des comtes de Clëves, de Blanquenheim, du marquis de Brandebourg et de Moravie ; les ambassadeurs des archevêques de Cologne, de Mayence, Salseburg, et de l'évèque de Trect ; les ambassadeurs du grand-mal tre de l'ordre de Prusse , du patriarche d'Aquilée et de plusieurs grands seigneurs d'Italie. Là étoit grand nombre de maîtres en théologie, de docteurs en droit canon et civil, tant de France que dltalie ; grand nombre de procureurs de diverses parties du monde, qui par la grâce de Diço ont eu et ont bonne et charitable conversation ensemble du commencement jusqu'à maintenant. En laquelle cité est grand' abondance de vivres, lesquels sont vendus par prix assez raisonnable, et encore seroient à meilleur marché si n'éloient les gabelles et tributs qui sont es dites parties. Et selon ma considération, la dite cité de Pise est une des notables cités qui soient en ce monde ; en laquelle est un neuve courant et descendant en la mer étant à one lieoe près de la dite cité; par lequel fleuve viennent en la dite ville grands navires amenant plusieurs biens; etentour de la dite ville sont vignes, blés et grand' abondance de près. Nous sommes bien honnêtement logés, Jaçoit ce chose que en la dite ville sont grand' nraltitude de gens d'armes pour la conservation de la dite ville, laquelle ont conquesté les Florentins par force d'armes contre ceux de Pise. Car les dessus dits Florentins ont fait partir grand nombre de ceux de Pise hors de la dite ville, afin qu'ils ne^fisssent aucune trahison; et sontaDès à Florence jusqu'au nombre de deux mille, et se doivent montrer deux fois le jour aux gouverneurs de la dite ville de Florence ^

sur peine de la tète, en certain lieu nommé.

Item, de quatre à cinq mille de ceux de Pise sont allés par devers le roi Lancelot, pour avoir secours de lui et aide, lequel roi, atout le nombre de vingt-quatre mille combattants, tant de pied comme de cheval, est jà venu à cinq lieues prés de cette dite ville de Pise ; mais les Florentins, par la grâce de Dieu, purent bien résister contre lui et toute sa puissance en nous conservant. Et est vérité que celui roi Lancelot douta à perdre son royaume par l'union de sainte église : car par tyrannie il occupe et empêche en moult grand' quantité le patrimoine de la dite sainte église. Et avec ce on disoit que certains ambassadeurs de Pierre de La Lune venoient audit concile, non mie pour le bien de l'union, mais pour y bailler empêchement à leur pouvoir. Et est le nombre des cardinaux étant pour le présent à Pise, tant d'une partie comme d'autre, dixneuf. Et est à savoir que les serviteurs du cardinal de Chalant sont Jà venus au dit concile, et le dit cardinal venra brièvement avec les ambassadeurs du comte de Savoie. Messeigneurs les cardinaux sont mal contents des évêques, abbés et chapitres des églises cathédrales qui n'ont point envoyé leur procureur au dit concile général. Autre chose ne vous sais qu'écrire pour le présent.

Ecrit à Pise, le quatrième jour du mois de mai. Votre humble religieux et sujet, l'abbé de SainlrMaxence. La superscription étoit : A révérend père en Jésus-Christ et seigneur, par la grâce de Dieu, èvêque de Poitiers et chancelier de monseigneur le duc de Berri.

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