‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 14 sur 761 · CHAPITRE ym · texte numérisé non relu

CHAPITRE ym

Coimnent Jean de VVercbin, cberaller de grand renom, «cniohtlde tUlnaai, MTOTiea divcn paya leitreapar uasien héiwit pour bire aruiM.

Au oommencement de cet an, Jean deWercliin , chevalier de grand renom et sénéchal de Hainaut, envoya en divers pays par un sien héraut plusieurs lettres aux chevaliers et ëcuyers, afin d'être Toumi à faire aucunes armes qu'il avoit entrepris à faire ; desquelles lettres la teneur s'ensuit i :

« A tous chevaliers et écuyers , gentilshommes de nom et d'armes , sans reproche , je , Jean de Werchin, cheyaUer, sénëdial de Uainaut , fais & savdlr à tous, qu'à l'aide de Dieu, de Notre-Dame , de monseigneur saint George et de ma dame, serai, le premier dimanche d'août prochain venant , & Coucy, si je n'ay loyal essoine prêt, pour lendemain faire les armes qui ci-aprés sont écrites, par devant mon très redouté seigneur monseigneur le duc d'Orléans, lequel m'a accordé la place, s'il est adonc gentilhomme tel que dessus est dit , en la dite ville, qui accomplir les me veuille. Et premièrement serons, moi et le gentilhomme qui accomplir me voudra mon entreprise, montés h cheval en selles de guerre , sans nulle maîtrise. Et serons armés pour nos corps comme il nous plaira , et aurons larges sans couverture ni ferrure de fer ni d'acier, et aurims chacun une lance de guerre , où ne pourra avoir aggrappe ni rondelle , et une épée. Si assemblerons des dites lances une fois; et asséné des dites lances ou non, chacun Alera sa targe&partlui,etprendrason ëpéesansaide d'autrui . Si en férirons vingt coups sans reprise.

» Et Je, pour honneur de la compagnie et le plaisir que le gentilhomme m'aura fait d'accomplir mes armes et ma dite entreprise , le délivrerai prestement à pied , si je n'ai essoine de mon corps , sans ce que nous prenons ni fttons, lui ni moi , pièce de harnois ; mais aurons celui que nous aurons porté pour les épées à cheval, sinon que chacun pourra prendre autre visière, et ralongerses plates s'il lui platt, de tel nombre de coups d'épée qu'il m'aura vouhi deviser, et puis de dague quand

' Ces lettres de déil tont contenue* dant la maison de U bibllothèqne du roi, n° 8407. J'en ai parlé dans ma notice sur G, Cbasiclata.

il m'aura affirmé d'accomplir ma dessus dite entreprise, pourtant que le dit nombre de coups se puisse fournir en la journée, & telle reprise que je lui deviserai etpareillementde lantde coups de hache que deviser me voudra ; mais pour les haches se pourra armer chacun comme il lui plaira. Et s'il advenoit aussi , que jà ne puisse advenir ! qu'en faisant les dites armes l'un de nous deux fût blessé, tant que pour la journée ne pussent être parfaites les armes qui adonc seront emprises par nous deux , l'autre ne seroit en rien tenu de l'attendre pour les parfaire, ainçois seroit d'icelles quitte. EL quand je aurai accompli ce que dessus est dit, ou que le jour sera passé , je, avec l'aide de Dieu, de Notre-Dame , de monseigneur saint George et de ma dame , me partirai de la sus dite ville, si je n'ai essoine de mon corps , pour aller & monseigneur saint Jacques en Galice. Et tous les gentilshommes de la condition dessus dite que je trouverai, moi allant au dit voyage et retournant jusqu'en la dessus nommée ville de Coucy, qui me voudront faire tant d'honneur et de grâce de me délivrer de pareilles armes ci-dessus devisées à cheval , et me bailler juge raisonnable, sans m'éloigner de mon droit chemin plus'de vingt lieues , ni moi reculer du chemin, et m'alQrmer que le plaisir du dit juge soit tel que lesdites armes soient commencées dedans cinq jours que serai venu en la ville où les armes se devront faire, je, à l'aide de Dieu et de ma dame , si je n'ai loyal essoine de mon corps, quand ils m'auront accompli mom emprise, les délivrerai prestement à pied , et par la manière cidessus deviséc , de tel nombre de coups d'épée, de dague et de hache qu'ils m'auront voulu deviser, quand ils me promettront d'accomplir ma dessus dite emprise. Et s'il advenoit qu'un gentilhomme et moi fissions accord à faire les 'dessus dites armes, et m'eût donné juge, comme ci-devant est devisé, et en allant devers le juge, en trouvasse un autre qui me voulsU délivrer pareillement, et donner juge plus près de moi que le premier, j'aurois tousdis & aller premièrement délivrer icelui qui plus près juge me donneroit. Et quand je serois quille de lui, je retoumerois à l'autre pour lui fournir ce qu'accordé aurions ensemble, si je n'avois essoine de mon corps. Et ain-

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