‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 220 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

mandement du roi, s'assemblërenl très grand' muilitttde de gens de guerre autour de la ville de Paris et es marches de Vlïe de France. Si furent envoyés aucuns capitaines avec grand nombre de gens de guerre devant la ville de Gompiëgne, où étoient les gens du dit duc de Bourgogne, comme dit est ailleurs, c'est à savoir messire Giarles d'Âlbret, connétable de France, messire Hector, b&tard de Bourbon, Remonet de La Guerre, le seigneur de Gaucourt * et plusieurs autres; lesquels au mettre le siège eurent de grands et dures escarmouches contre ceux de la viUe, qui très souvent, de jour et nuit, issoient contre eux aux pleins champs, et leur firent de prime venue plusieurs dommages. Néanmoins ils étoient très souvent par les assiégeants reboutés assez rudement en la dite ville. En laquelle étoient principaux capitaines, de par le duc, messire Mauroy, messire Hue de Launoy, le seigneur de Saint- Léger et son fils, Hector, Philippe et Le Bon de Saveuse, frères, le seigneur de Sëres, chevalier Lonvelet de Lolingben, et plusieurs autres notables hommes, roides et experts en armes, qui très diligemment se mirent à résister contre leurs adversaires ; et afin qu'ils ne se pussent loger à leur aise, ardirent et démolirent es faubourgs et à l'environ d'icelle ville plusieurs notables édifices, tant maismis comme églises. Toutefois a,ssez bref ensuivant les François assiégeants firent faire deux ponts par-dessus la rivière d'Oise, pour passer plus h leur aise à secourir l'un l'autre si besoin leur étoit, et commencèrent h faire asseoir les gros engins du roi contre les portes et murailles de la dite ville en plusieurs lieux, qui moult la travaillèrent.

En'outre, le samedi de la semaine peineuse, troisième jour d'avril, le roi issit de la ville de Paris à grand triomphe et à noble état, et s'en alla en sa ville de Sentis pour là attendre ses gens. Auquel lieu il solennisa la fête de la résurrection de Notre-Seignenr Jésus-Christ; en laquelle année on fit porter aux personnes du roi et du duc d'Aquitaine la bande et enseigne du comte d'Armagnac, en délaissant sa noble

* Raoul VI d« Caocoart, fil» de RaonI V, chancelier da roi et bailli de Ronen. I^ deux frère* de ton père ^ient Enstache, seigneur de Virj, grand-fauconnier de France, et Jean, seigneur dr Maltontiur-Seine.

et gentille enseigne, que lui et ses prédécesseurs rois de France avoient toujours portée en armes, c'est h savoir la droite croix blanche; dont moult de notables barons, chevaliers et autres loyaux anciens serviteurs d'icelui et aussi du dit duc d'Aquitaine furent assez mal contents, disant que pas n'appartenoit à la très excellente cl hante majesté royale de porter l'enseigne de si pauvre seigneur comme étoit le comte d'Armagnac, vu encore que c'étoit en son royaume et pour sa querelle. Et avec ce, icelle bande, dont onfoisoit à présent si grand' joie, avoit été baillée au temps passé aux prédécesseursdeicelnicomle,à la portera toujours lui et ses successeurs et hoirs, par la condamnation d'un pape, en signe d'amendise d'un forfait que les devant dits d'Armagnac avoient commis contre l'église au temps dessus dit.

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