LIVRE PREMIER
rent par huit journées en cet état , que chacun jour au matin se meltoient en bataille Tua contre l'autre , et là se tenoient tout jour jusqu'au soir ; durant lequel temps il y eut phisiears escarmouches entre eux. Et Ut furent morts environ deux cents hommes des deux parties , et plusieurs navrés ; entre lesquels, de la partie de France , ftirent morts (rois chevaliers; c'est à savoir, messire Patroaillard de Trie, frère du maréchal de France , le seigneur de Mantelonne et le seigneur de I^vîlle *.
En outre avec ce , les François et Gallois, pour le terme dessusdit, furent fort travaillés de famine et autre mésaise ; car à grand' peine pouvoient-ils recouvrer des vitailles, parce que les Anglois gardoient de près les passages. Finalenient, au huitième jour qu'icelles deux puissances eurent été , ainsi comme dit est, rune devant l'autre , le dit roi d'Angleterre, voyant que ses dits adversaires ne l'assaudroient pas, se retrahit au soir à Worceslre : mais il fut poursuivi par aucuns François et Gallois , lesquels détroussèrent dix -huit charrettes chargées de vivres et autres bagues. Si se retrahirent iceux François et Gallois an pays de GaOes.
Et entretemps que ce voyage se faisoit, la navire des dits François vacréoil sur la mer ; et ; avott dedans aucun nombre de gens d'armes pour la garder ; laquelle navire se retrahit vers Galles, à un port qui leur a voit été ordonné S; et là les trouvèrent les François, c'est à savoir, le maréchal de France et le maréchal des aibalétriers ; lesquels avec leurs gens se mirent sur mer, et cinglèrent tant qu'ils arrivèrent sans fortune à SaintrPaul-de-Léon.Toutefois, quand ite furent descendus et qu'ils eurent visité leurs gens, ils trouvèrent qu'ils en avoient bien perdu soixante , desquels les trois chevaliers dessus dits étoient les principaux ; et après se partirent de là et retournèrent en France, chacun en leurs propres lieux, réservé les deux olBciers royaux, qui altèrent à Paris devers le roi et les autres princes de son sang, desquels ils forent reçus à grand' liesse.
• Celle iMUilIc est de l'année 1405.
* Walf ingham dit que ce fut • Mtlford-Havcn.