CHAPITRE CCXIII
Comment messire Jean de Luxembourg, atout six cents con- ^ ballants ou environ, alla en la comté do Briennc dCTcrs son * frire ; et de la détrousse de Hector de Sarcuse.
Au commencement de cet an, messire Jean de Luxembourg , accompagné de Hector de Saveuse et de six cents combattants ou environ, alla, par Yermandois, LaonnoisetRheims, jusqu'à Brienne, où éloit le comte de Conversan son frère; et eux deux ensemble Orenl grand' guerre aux Dauphinois, qui par avant avoit dégàlé le dit comté de Brienne. Et ardirent les faubourgs de Yitry ; et aussi coururent cl dégâtérent grand' partie du Barrois et de la comté de Grand-Pré. Après lesquelles beso-
gnes se départit le dit de Luxembourg, laissant une partie de ses gens avec son étendard au gouvernement du dit Hector, lequel , dedans quinze jours ou environ ensuivant , se partit du dit pays, par le congé du dit comte de Conversan , atout trois cents combattants et le dit étendard, pour retourner en Artois ; mais , en passant par la Champagne, fut envahi des Dauphinois qui se lenoient à Montagu. Et nonobstant qu'iceux Dauphinois ne fussent pas en si grand nombre qu'étoit icelui Hector, si gagnérent-ils la besogne. Et fut te dit étendard perdu ; et avec ce y furent morts et pris bien cent hommes et grand' quantité de bagues que ramenoient les dessus dits ; et les autres , en la plus grand' partie , par spécial les hommes d'armes , se sauvèrent par leurs bons chevaux avec le dit Hector, lequel moult triste s'en retourna en Artois ; et les dits Dauphinois, atout bien quarante prisonniers , s'en allèrent à Montagu. Et en dedans un mois ensuivant , soudainement dedans leurs prisons , par aucun soupçon , tuèrent tous' les dits prisonniers, sinon aucuns qui s'étoient partis pour aller quérir leur finance.