CHAPITRE XX
Comment le doc Louis d'Orléaos alla i IfirteiUe deven le pape, de pir le roi ; le doe de Boorbon, en Langaedoei le etanMaUe, •■ A«aU«iii«.
En ce même temps , Louis , duc d'Orléans , fut envoyé de par le roi de France et son grand conseil devers le pape nommé Grégoire', accompagné de six cents chevaliers ou environ, afin de lui remontrer que Tunion fût mise en notre mère sainte église. Et par
• n «'appdott Benoit Xlit, et mm dtéffiin, e» io« concurrenl de Borne, BonifKe IX.
CHROMQLES D'E^GLËRRA^D DE MONSTRELEÏ.
Champagne et Bourgogne s'en alla à Lyon sur le Rbône et de I& à Marseille, où était le dit pape avec toute sa cour*. Lequel grandement et honorablement reçut le dit duc , et après qu'il eût ouï sa requête , lui bailla ses lettres apostoliques sur aucunes certaines conditions. Après lesquelles reçues et qu'il eut pris congé d'icelui pape , s'en retourna par plusieurs journées à Paris , devers le roi , où étoient les ducs de Berri , de Bourgogne , de Bretagne et de Bourbon , et plusieurs autres grands seigneurs, tant séculiers comme eccltoiastiques , en la personne desqueb il bailla les dites lettres apostoliques, contenant, entre les autres choses, que le pape s'offroit & procurer l'union de toute l'universelle église; et, pour l'avoir, s'il était de nécessité, s'offroit de résigner la dite papalité et Taire tout ce qui étoit expédient touchant celte matière , en obéissant au saint concile en tout droit et raison. De la quelle lettre apostolique et du contenu en icelle le roi , les dessus dits seigneurs et tout le concile, avec l'université, se tinrent pour lors assez contents. Auquel temps, Jean , comte de Clermont , flls et héritier du duc de Bourbon , fut envoyé de par le rm et son conseil en Languedoc, pour aller en Gascogne et mener guerre aux Anglois , qui adonc faisoient forte guerre aux François sur les frontières d'iOec, et fll son assemblée à Saint-Flour, en Auvergne, laquelle fut de cinq cents bassinets et cinq cents archers et arbalétriers , desquete étoit le principal , avec le dit duc de Bourbon , le vicomte de CliÂteaubon , flls au comte de Foix. Si commencèrent & mener forte guerre et mirent plusieurs forteresses en l'obéissance du roi; c'est à savoir, le chfttel Saint-Pierre, le chfttel Sainte-Marie , le Ghfttel-Neuf et plusieurs autres. Après lesquelles besognes et forteresses dessus dites bien garnies, s'en retourna & Paris devant le roi dessus dit et les seigneurs, desquels il fût bien venu et conjoui. £t tantôt fut après envoyé messire Charles d'Albreth , connétable de France, et avec lui Harpedanne, chevalier de grand renom, grandement accompagnés, en la duché d'Aquitaine; et assiégèrent le chfttel de Calefriu , qui moult
* Benoit itoit à .\\'ignon, et il envoya jusqu'à Villeneureaa devant da duc. (Aoy. l'Anonyme de Saint- Denis, dont le ricit <i*t plus exact.)
travailloit les pays du roi et (enoit les garnisons des François en grand' sobjection ; et si étoit la plus grand' partie du pays à pactis à eux. Lequel siège dura environ six semaines, en 1^ fin desquelles firent traité iceux assiégés avec le dit connétable, par condition qu'ils s'en iroient, saufs leurs corps et leurs biens , et avec ce auroient certaine somme de monnoic qui se prit et cueillit sur les habitants d'icelui pays. Et après qu'icelui connétable eut garni icelle forteresse de ses gens, il s'en retourna à Paris devers le roi Charles.