‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 347 sur 761 · CHAPITRE CCXXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXXX

Comment le dit duc le coadaUit,alUotaudUHead«Xro7W, et depuis qu'il y lUt venu ; et austl dea «mbamadeurt d'AngMerra qal aBèreat ares loi,

La yifle de Crespy «n Laonnois rendue , comme dit est, s'en alla le duc de Bourgogne â Laon, où il fut des gouverneurs et habitants de la dite ville reçu honorablement. Et de là, atout ses gens, qui étoient mille combattants, s'en alla par Rheims à ChftlonB en Champagne. Auxquelles villes lui fut fait grand honneur et r^ œption. Et toujours étoient en sa compagnie les ambassadeurs du roi d'Angleterre. Duquel lieu de Ghftions chevaucha en grand' ordoonanoe vers Troyes , et fit un logis assez près de Yitrr en Partois; taqueUe ville, avecqœ aucunes autres forteresses au pays, tenoient les Dauphinois. Et lors, messire Jean de Luxembourg faisant l'avant-garde, passa parmi la dite ville au dit pays où il y avoit eaux et sources moult dangereuses. Si ehevauchoit emprës lui messire Robinet de Mailly, chevalier, grandpanetier de France, lequel, atout son dieval , se férit et effondra en une des dites sources , si avant qu'il y demeura : lequel cheval n'avoit point de crins à quoi le dit chevalier se pût tenir, ni le retira point dehors, mais mourut Ut très piteusement, et le cheval dessus dit se sauva. Pour la mort duquel le duc de Bourgogne et piusieurs autres seigneurs furent courroucés. Et par spécial ses trois frères, qui étoient en la dite compagnie, en menèrent grand deuil , c'est è savoir messire Jean de Mailly, qui d^uis fut évêque de Noyon, CoUard et Ferry i toutefois il fut tiré hors, et entarrè assez près de là.

En après, le duc de Bourgogne i4)prochant Troyes , Tinrent à rencontre de lui «i grand' noblesse plusieurs seigneurs de Bourg(^ne et autres nottiiles bourgeois, qui hii firent très grand honneur et révérence. En la compagnie desquels, et aussi des seigneurs qui étoient ve^ nos avecque lui, «atra en ioelle vUte de Troyes, le vingt et unième jow de mars, et Ait convoyé par iceox jusqu'à son hôtel ; et partout où il passoil avoit grand' multitude de peuple qui pour sa venue crioit t Nœl! Et tôt après alla devers le roi de France , la reine et dame Catherine , qui le re^nvent béttignemenl et lui

montrèrent très grand signe d'amour. Et au- ' «uns brefs jours ensuivant, furent assemblés plusieurs conseils en la présence du roi et de la reine, et du dit duc de Bourgogne, pour avoir avis sur la paix finale et alliance que vouloit avoir Henri, rd d'Angleterre, avecque le dessus dit roi de France. Pour lequel traité dessus dit confirmer avoit envoyé ses ambassadeurs ayant de lui puissance.

Finalement, après plusieurs parlements tenus avecque les dits ambassadettre, fut condu et accordé, en faveur du duc de Bourgogne et de ceux de Son parti, que Charles, roi de France, donneroit à Henri, roi d'Angleterre, Catherine, sa fille naisnée, en mariage ; et avec ce le ferait vrai héritier et successeur après sa mort de tout son royaume, lui et ses hoirs, en dâwutant son propre fils et héritier, Charles, duc de Touraine, dauphin ; et aussi, en annulant la conititution jadis faite par les rois de France et ses pairs en grand' délibération^ c'est à savoir que le noble royaume de France ne devoit suèoéder à feâune ni appartenir. Etmfimement, s'il advenoitqut le dit roi Henri n'eût hoirs vivants du dessus dit mariage, par le moyen d'icelui traité et ac« cord, si deoMiuroitwl héritier de la couronne d« France, au préjudice de tous les royaux et appartenant, qui en temps à venir y pouvoient et dévoient succéder de droite ligne.

Et fut tout ce dessus dit accordé par h roi Charles, lequel en long temps par avant n'avoit été en sa vie mémoire , comme dit est deni». Et étoit content d'accorder et traiter en tous états selon l'opinion de ceux qui étoient assi»* tants, ou en sa présence, tant en ion préjudice comme autrement.

Lequel traité fait en la forme ci-après dé^ clarée * , s'en retournèrent les ambassadeurs du roi d'Angleterre, eschevant les aguets des Dath )>binois au mieux qu'il purent, emportant «vea eux la copie du dit traité , lequel grandement fut agréable au dessus dit roi Henri, voyant qin par iœlui viendroit à chef de la plus grand' partie de son intention. Et pour tant, au plus bref qu'il put, prépara ses besognes en Normandie, et assend>la ses gens pour aller au ^ lieu de Troyes, pour confirmer icelui traité.

Et lors étoit doneuré, de par icelui roi Henri,

< Ce.tr«i(««iini>p«cté^att»M.

CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET

i. Troyes messire Louis de Robersart, pour accompagner et visiter dame Catherine , flJle du roi de France et femme à venir au dessus dit roi Henri.

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