‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 371 sur 761 · CHAPITRE CCL · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCL

Comment les diu Caupbinoli aHArenl derant Alençon, oii derechef ailèrenl lea Angloii; et du mariage da ^e d'Alenvon, et autre* mailires.

Au commencement de cet an , après la mort duduc de Garence, les Dauphinois, qui avoieat eu victoire contre le dit duc , eonune dit est dessus, s'assemblèrent en très grand nombre et allèrent pour assiéger Alençon , et de fait se logèrent asse; près d'icelle en la combattant ft leur pouvoir. Mais les Anglois, qui en grand' tristesse portoienl le dommage qu'ils avoient eu, se mirent ensemble et assemblèrent derechef toutes leurs garnisons de |iformandie, et, sous la conduite du comte de Salsebery, allèrent vers Alençon pour lever le siège et iceux combattre, Et adonc les dessus dits Dauphi-nois pourvus et avisés, comme devant, de la venue de leurs ennemis , se mirent en ordonnance dehors leurs logis , et montrèrent semblant de grand' hardiesse. Et lors les dessus dits Anglois, voyant iceux en plus grand nombre qu'ik n'étoienl , se retrahirent & l'abbaye du Becq. Toutefois, avant qu'ils y pussent être, ils perdirent de deux i trois cents de leurs hommes, tant pris comme morts par les dits Dauphinois , et furent poursuivis Jusqu'à la dite abbaye. Et peurce qu'ils virent qua dedans icelle ne les pourroient avoir sans grand' perte de leurs gens, se départirent du dit siège elles laissèrent du tout, et retournèrent vers Dreux et vers Anjou. Et en ces propres Jours fut traité et parfait le mariage du duc d' Alençon et de la seule fille du duc d'Orléans , prisonnier en Angleterre. Et se firent les noces tant solennellement comme réalement en la ville do Rlois. Duquel mariage faire et traiter

furent les principaux , Charles , duc de Touraine, à qui elle étoit nièce , et le duo de Bra> tagne , oncle du dit duc 4' Alençon. Esqueto jours aussi le roi Henri , qui encore étoit en Angleterre , ouït les nouvelles de la niort de son frère, le duc de Clarence , et de la perte des autres princes, dont grandement fut troublé. Et pour ce plus que par avant se bftta et prépara son armée pour retourner en France, afin de prendre vengeance des Dauphinois, qui ce deuil lui avoient mis au cœur.

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