CHAPITRE QCLY
Comipent le duc Philippe de Bourgogne alla devant le Pontde-Hemy et la conquit.
Il est vérité que le due de Bourgogne, partant de la ville d'Auxi, atout son exereite, alla loger en un gros village nommé Yivreux, à une lieue de Saint-Riquier. Et le lendemain, passant ieelui duc devant icelle ville de Saint-Riquier, s'en alla loger au Pont-de-Remy, o4 étoiént les Dauphinois ; et (ùt la nuit de la fête de Marie-Madeleine. Si se logèrent aucuns de ses gens devant le pont , dedans grandes maisons qui là étoient situées; mais bref après, les Dauphinois qui étoient dedans l'Ile et ch&tel du Pont-!4|e-Remy trahirent le feu par fusées dedans les dites maisons , lesquelles tantôt de l'une h l'autre furent toutes embrasées, pour quoi il fallut que les gens du dit duc se retrahissent et logeassent plus en arriére. Et le ser cond jour ensuivant, les arbalétriers d'Amiens et autres gens d'armes qui les conduisoient dedans environ douze bateaux avallérent par la rivière de Somoie, prêts pour combattre la dite ville et ohdtel; mais les dessus dits Dauphinois , sachant la venue des dits bateaux , tout épouvantés, avallérent et troussèrent leurs ba> gués, et s'enftiirent incontinent au chAteau d'Araines, délaissant le dit Pont-de-Remy sans garde. Et aucuns hommes et femmes, assoE bref après qu'ils étoient en l'Ile, avallérent le pont au côté où étoit logé le dit duc de Bourgogne. El adonc y entrèrent gens sans nombre de sa partie, lesquels ravirent et prirent tout oe que les Dauphinois avoieut laissé.
El ce même Jour, par le eommandeinonl du dit due de Bourgogne , furent ars et embrasés la dite Ile et chitel , où il y avoit moult bélier
babilatiops. El pareillement fttreat ars et dteolés ee jour et lendemain , les cb&teaux de Mareuil et d'Auoourt, desquels s'étoient départis les DaupbinMS pour la doute et peur d'icelui duo. Et entre-lepps qu'icelui due de Bourges gne dessus nommé étoit logé au dit lieu du Pont' de-Remy , alla messire Jean de liuxembourg devant la viUe de Saint-Riquier, atout oenl hommes d'armes d'élite, sous la sftreté du seigneur d'Offemont, et mena avec lui six hommes d'armes, montés et habillés, pour faire armes et rompre lances contre six Dauphinois des gens du dit d'CMVemont. Lesquelles par avant avoient été entreprises des deux parties par leurs certains messages ; desquels de la partie de Bourgogne étoient un nommé Henri l'Allemand, le bêlard de Roubaix, Lyonael de Bournonville et trois antres j et de la partie du seigneur d'Offemont y étoient le seigneur de Yerduisant, Guillaume d'Aubigny et quatre autres dont je ne sais les noms. Lesquelles deux parties venues l'une contre l'autre sous bçmne sl^reté, comme dit esl, oommencérent è jouter et courre l'un contre l'autre ; mais de prenUère venue, les deux Dauphinois, prenuers joutant, tuèrent les deux chevaux de leur partie adr verse } et après, les autres ensuivant, tant d'un côté comme 4'eutre, rompirent aucunes lanees très gentillement, et en la fln> par trop eourte heure, en y eut deux de chacune partie gui ne fioururent pas l'un sur l'autre.
Et finalement , sans ce qu'il y eût oocqoes bonune blessé de nulles des dites parties, prirent congé amiablement l'un à l'autre et se départirent > et retourna le dit de Luxembourg atout ses gens au Ponl-derRemy, et le seigneur d'Offemont atout les siens dedans Saiul-Rîquier. Toutefois )e dit messire Jean de Luxm»bourg «voit mené avecque lui , pour la sûreté de sa personne, cent hommes d'armes des plus experts et mieux babilles de la compagnie du duc de Bourgogne ; et avecque ce, avoit laissé en embûche , dedans un bois , environ trois cents combattants , pour avoir aide si bes<Ho étoil ; et à son parlement, quand il eut tiré les cent hommes d'armes dessus dits dehors, et assis la dite embûche, et qu'il fut mis h «Aeinin, regarda aucunement derrière lui , et vit que ceux qu'il avoit laissés au bois dessus dit se cororaençoient déjà è défrayer, et mener leurs
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