‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 386 sur 761 · CHAPITRE CCLXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXII

Comment le dit duc de Bourgogne Ol grand' «Memblée de geni d'armes pour aller en Bourgogne ; et plusieurs autres maliires adrenum en ce temps.

En après, durant le temps dessus dit , tant par le mandement du duc Philippe de Bourgogne comme par l'ordonnance de la duchesse sa mère, douaigiëre , s'assemblèrent en armes en très grand nombre les seigneurs de Bourgogne , pour venir quérir le dit duc es pays de Picardie, et le mener devers elle au pays de Bourgogne , où elle étoit , pour avoir avis et conclusion sur leurs affaires et besognes , qui étoient moult grands. Et eux assemblés jusqu'à six mille chevaux , se mirent à chemin , sous la conduite du prince d'Orange , des seigneurs de Saint^George et de Chftteauyilain, de messire Jean Cotte-Brune, maréchal de Bourgogne, et autres seigneurs et capitaines; et s'en vinrent, en traversant pays par la Champagne, jusqu'emprès lille en Flandre , od ils laissèrent es villages leurs gens dessus dits, et allèrent les dits seigneurs d&< vers le duc, au dit lieu de Lille, cpù les reçut joyeusement. Et pource qu'il n'étoit pas encore prêt', fut requis à aucuns des capitaines dessus dits, par messire Jean de Luxeinbourg, qu'ils allassent avec lui pour combattre et assaillir les seigneurs de Moy et Cbio, lesquels tenoient la partie du dauphin, et travailloient et dégAloient moult fort le pays du dit Luxembourg et de sa belle-fille, comtesse de Marie. Laquelle requête par iceux leur fut accordée et octroyée, et s'en allèrent ensemble avec lui, qui avoit assemblé environ huit cents combattants; et enfin se logèrent vers Saint- Quentin en Yermandois , et là passèrent outre. Mais quand ils vinrent assez près de Moy, où se tenoit le dessus dit chevalier par coutume, il leur fut rapporté qu'il s'éloil parti

de son dit chàtel, et l'avoit laiisé tris bien garni de gens de guerre, vivres et habillements , et avoit ars et mis en flammei n basse-cour et plusieurs autres maigoos de u ville. Et adonc les dits Bourguignons, donUoli que le dit chàtel ne pût être pris sinon pu long siège et grand dommage de leurs gent, conclurent l'un avec l'autre, nonobslantli prière du dit de Luxembourg, d'eux en retourner vers Douai et Lille, en conduisant le dit duc de Bourgogne. Et en venant, séjour nant et retournant, firent de très grandi maux et oppressions es pays où ils pauërent, dont plusieurs plaintes et clameurs le fireol au dit duc, tant par les gens d'église oonme autres, et par spécial du pays de PicarAe, auxquels toutefois il fit faire réponse que bref il les remanderoit en leur pays de B(Wgogne , et les délivreroit des oppressions deesus dites. Et messire Jean de Luxembourg, triste et courroucé du retour des dessus dili, donna congé aux dessus dits , et après a'ea retourna à son hôtel de Beau-Revoir.

En après, le smxiéme jour de décembre, le duc de Bourgogne vint, et la duchesse m femme, en la ville d'Arras , le comte Philippe de Saint-Pol avec eux, et très grand' dwnlerie. Et bref ensuivant y vint messire Jeu de Luxennbourg et les capitaines des denos dits Bourguignons; et au troisième jour, dh le dit duc à Douai, pour voir sa tante U oaotesse de Hainaut, laquelle il mena atool m état à Arras, où elle fut reçue très honeraUement par la duchesse de Bourgogne et tatm dames et damoiseUes, et aussi de tous 1(( seigneurs là étant; et y sédouma tro» à qinin jours, durant lesquds fût faite au ditSeo d'Arras moult joyeuse chère A la dile eoattesse. Et après qu'elle eut eu pariemeot et conclu avec le dit duo de Bourgogne, m neveu, se partit de là, et retourna en Baiosnl, auQuesnoy-le-<k)mte, où étoit sapriaàpile demeure.

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