CHAPITRE XVI
CoronMnt manire Jean de Luxembourg «Hiésea le cUlel de Wièisue; et comment il fit une embûche, od Polhon de SaInte-TreiUe M te* comptgnona tarent déconfits.
En ce temps, messire Jean de Luxembourg assiégea la forteresse de Wiègue très puissamment, lequel siège dura environ trois semaines, continuant toujours le dit de Luxembourg de faire abattre et dérompre par ses engins icelle forteresse. Et enfin les dits aisiëgés, non espérant avoir secours, firent traité avec le dit de Luxembourg, par tel si qu'ils s'en iroient, sauves leurs vies, en délaissanttous leurs biens, promettant d'eux non plus armer deçà la rivière de Loire, sinon en la compagnie du roi Charles. Après lequel traité se départirent en allant & Guise, et la forteresse fût démolie et abattue. Et après, le premier ou second Jour
ensuivant, le dit messire Jean de Laxemboorg se délogea avec aucuns de ses plus féables.
En ce temps , fut Pothon de Sainte-Treille pris, si comme vous orres.
Je vous dis que messire Jean de Luxembourç, durant le dit siège, se mit en embûche derrière une petite église envers les marches de Guise, pour voir et pour attendre si aucuns de ses ennemis feraient aucune envahie après ses gens. Laquelle chose advint comme il l'avoit proposée, car le dit Potbon de Sainte- Treille, l'Estendard de MaiUy, le seigoear de Yerdttisant et aucuns autres experts et éiHxnivés en armes saillirent hors de la ville de Guise , en venant vers la dite embûche. El adoncque le dit de Luxembourg voyant sur eux son avantage, atout les siens alla vigoureusement contre eux ; et tantôt par grand' vigoeor les mit en grand dèroi, et y fut pris le dit Pothon , le seigneur de Yerduisanl et aocni» autres en petit nombre. Mais le dit Estendard de MaiUy de pleine venue assit sa lance dessus Lyonnel de Vendôme. Si le porta Jus de son cheval, et le blessa très durement vers l'épaule, tant que le dit Lyonnel tout son vivant en fût affolé de bras et de jambes. Après lequel coup ieelui Estendard, voyant que prouesse ne pou voit rien valoir, et que ses ennemis ètrâent trop forts, se trahit vitement dedans la ville de Guise; et messire Jean de Laxemboorg, avec ses gens, chassa longuement les autres, qui s'enfûyoient en plusieurs parties ; et après retourna et assembla ses gens , en menant grand' liesse de la bonne aventure qui lui étoit advenue. Et ainsi atout ses prisonniers retourna en son chfttel de Beau-Bêvoir, donnant congé à ses capitaines jusqu'à son rappel.