LIVRE SECOND
de LaxeDdxKlrg traita aToe Pottaon de Sainte- Treille et aatres, set prisonniers, par eondw tion qu'eux et leurs gens se déparliroientde la irille de Guise, et s'en iroient outre l'eau de Loire, sans faire guerre ni dommage, promet» tant de non retourner, sinon en la compagnie du roi Charles. Par le moyen duquel traité et aucunes autres finances que le dit Pothonpaya, fut mis en pleine délivrance lui et ses gens, et s'en alla outre la riTière de Loire, comme dit est.
En cet an s'assemblèrent sar les marches de Champagne La Uire, Jean Raoulet et aucuns autres capitaines tenant le parti du roi Charles, atee grand nombse d'autres gens, lesquels Ils menèrent et conduisirent sur les marches d'Ardennes et de Réthelois, et assiégèrent en sa forteresse Olitier d'Estanevdle.
En ces propres Jours, par l'ordonnance du duc de Bedfort et du duc de Bourgogne, messire Jean de Luxembourg fit grands préparations de gens et d'habillements de guerre pour assiéger la ville de Guise en Thierasche. Après lesquelles préparations , en sa compagnie le seigneur de Péquigny, vidame d'Amiens ; les seigneurs d'Anthoing, de Saveuse, messire Collard de Mailly, Ferry Mn frère, messire Daviod de Poix, Mauroy de Saint-Léger, messire Lyonnel de Bournonville, le bAlard de Saint-Pol et plusieurs autres en grand nombre vinrent devant la dite ville de Guise ; et avec lui messire Thomas de Rampston, aoglois, atout certain nombre de combattants. Lesquels, Tenus devant icelle ville, trouvèrent grand' résistance de la garnison qui étoit dedans ; laquelle garnison, afin que leurs ennemis ne les pussent approcher, ardirent leurs faubourgs, où il y avoit moult belles habitations, excepté deux maisons qui ne furent point arses. Abiis ce ne leur valut rien ; car tantôt messire Jean de Luxembourg fit loger ses gens en plusieurs lieux & l'environ de la ville, et fit dresser ses engins contre la porte et muraille, vers les faubourgs. Duquel siège ainsi mis, comme dit est, furent en bref envoyées les nouvelles au duc Régnier de Bar et comte de Guise, et aussi au duc de Lorraine, son beau-père, par Jean, seigneur de Proisy, gouverneur et capitaine d'ocelle ville de Guise ; lequel par ses lettres et ménages suppUoit hnmMwnent, en notifiant
la nécessité où n étoit an dessus dit due de Bar, son seigneur, qu'il lui voulstt donner secours. LesqueHes nouvelles déplorent moult à îœux ducs. Et pour tant assembla plusieurs conseils et grand nombre de gens pour à ce mettre pourvéance ; mais pour doute qu'ils ne missent leur pays en guerre contre le Jeune roi d'Angleterre et le due de Bourgogne, ils se déportèrent d'y procéder par voie de fait. Et par ainsi se continua le dit siège assez paisiblement par certaine espace de temps, sinon des assiégés, qui souventesfois firent plusieurs saillies en grevant à leur pouvoir leurs ennemis ; lesquelles saillies chacune A part soiseroient trop longues à raconter.
En cet an, environ Sainl-Jean-Bapliste, le comte de Salsebery , gouverneur de Champagne et de Brie, homme très renommé en (irmes, expert et subtil, assiégea en la comté de Vertus une bonne petite ville nommée Sedane, laquelle en conclusion Ait prise par force d'assaut par mine. Et ceux qui étoient dedans pour la plus grand' partie furent cruellement occis. Et en y eut de morts environ deux cents tout du moins, et les autres furent pris prisonniers, et avecque ce tous leurs biens Airent ravis et pillés, leurs (Ismmes violées, et la dite forteresse démolie. Et si avoit le dit comte de Salsebery devant icelle le seigneur de Ch&tillon, quiftatfhitchevalierdedans la mine par la main du dit comte. Et étoit le capitaine d'icelle ville un très vaillant homme d'armes nommé Guillaume Marin, lequel fut occis avec les autres A la dite prise d'icelle.
En ce temps, le duc de Bedfort fit assiéger le chfttel de Gaillon, qui étoit à l'archevêque de Rouen, moult forte place, laquelle tenoient les gens du roi Charles; et flnaMement fût tant battu par les engins des assiégeants qu'en la fin les assiégés se rendirent et se départirent, sauves leurs vies, et Ait icelle forteresse démolie. Environ le dit mois de Juin, le dit duc de Bedfort fit assiéger la ville du chftteau d'Ivry « et bref après le siège M, la ville gagnée par puissance, et le ehAtel, qui étoit fort et bien garni de gens d'armes, tint environ un mois ; an bout duquel les assiégés firent traité avec les Anglois, promettante livrer la dite forteresse la nuit de l'Assomption-Nolre-Dame, en cas qa'ils n'aoroient seeours du roi Charles
CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELÈT
puissant assez pour tes combattre et demeurer victorieux sur la place. Après lequel traité et les sûretés prises de chacune partie, se défille dit siège. En ce temps, les Anglois et les Bourguignons tenoient plusieurs sièges sur les marches de Normandie, et étoient pour ce temps les François fort au-dessous. Et pour lors fut mise en l'obéissance du roi Henri Nelle en Tardenois ; et fit Alardin de Monsay traité avec le duc de Bedfort pour la forteresse de La Fère, par condition qu'il ne feroit point de guerre si elle demeuroit en sa main, sinon que le roi Charles retourn&t à puissance outre l'eau de Seine, en venant vers la Champagne.