LIVRE SECOND
desroi «t ftmAt clMiMés Jusqu'à la mer, où il s'en saiiya grand' partie dedans leurs Taisseaux. Entre lesquels se sauvèrent le dit seigneur de Silvatier, capitaine des dits Anglois, et le seigneur de Hantredée. Et de la partie du doc de Bourgogne furent morts sur la place des gens de nom messire Andrieu de Talines tant seulement ; et Robert de Brimeu , qui M rapporté de la place blessé, et enfin mourut de la dite blessure. Âpres laquelle victoire, le dit duo de Bourgogne rassemUa ses gens et regraeia humblement son créateur de sa bonne âTenture. Et bref ensuivant laissa en plusieurs irilles au pays , lesquelles étoient à lui obéis« sants, garnison de ses gens; et puis s'en retourna a son pays de Flandre pour derechef Aire assemUèe de gens, pour mener guerre au dit pa;s de HoOande, c'est à savoir k ceux tenant le parti de la duchesse Jacqueline.
Item, après que le dit due de Bourgogne fii( retourné des pays de HoOande et de Zélande, et qu'il eut lalssiè ses garnisona au dit pays, la dite duchesse Jacqueline de Bavière assembla Iréfl grand nombre de gens d'armes, et les mena devant Herlan, laquelle ville elle assiégea très puissamment tout à Tenviron ; et ètoit de* dans, de par le duc de Bourgogne, le damoiseau Ysamberguu et messire RoUand de Hutequerke, chevalier, avec certain nombre de eombattants. Durant lequel siège, messire Jean de Hatequerke, fils du dit messire Rolland, assembla de sept à huit cents combattants, tant nMea comme communauté du pays de Flandre, lesquels il emmena hâtivement au pays de HoBande, en intention de secourir son père. Mais sa venue (ht sue par la dessus dite duchesse, laqneHe envoya de ses gens au-devant d'eux, et les trouvèrent en desrol vers la mer; si les combattirent et déconflrent, on la plus grand' partie, sinon aucuns qui se sauvèrent avecque le dit messire Jean de Hutequerl^e ; de laquelle besogne fut moult joyeuse la duchesse Jacqueline, et fil mettre à mort cruelle ceux qui avoient été pris prisonaiers.
En après, pour doute de la venue du duc de Bourgogne, qui faisoit une grand* assemblée de gens ea ses pays de Flandre et d'Artois, leva aom siège devant Herlan. Et eat an, le eomte d» Sals^ery assiégea la forteresse de Moyen- Bes, es Chan^gne, laqueHe étoit forte outre
mesure, et si bien garnie de gens et habillements de guerre que c'étoit merveille. Lequel siège durant, y eut plusieurs grandes et fortes escarmouches entre les parties, tant d'un côté comme d'autre. Entre lesquels en y eut une où fut mis à mort Valérien de Bournonville, frère de messire Lyonnel de Bournonville, d'une lance qui lui traversa outre le corps. Toutefois, nonobstant la grande résistance que firent les assiégés, par longue continuation, furent contraints d'eux rendre ; et enfin se départirent atout leurs biens, et la dite forteresse fut démolie et abattue.
Htm, le due de Bourgogne, étant en son pays de Flandre, eut plusieurs parlements avecque le duc de Brabant, son cousin, et ceux de son conseil sur les affaires de Hollande.
Et entre-temps assembla gens de plusieurs lieux et vint devers lui grande chevalerie de Bourgogne, desquels étoit chef le prince d'Orange, atout lesquels et foison de Picards et Flamands, ters la mi-carème retourna en Hollande , et commença derechef à mener forte guerre â la duchesse Jacqueline de Bavière et ses bienreiUants. Et brièvement se rendirent à lui plusieurs bonnes villes d'icehii pays d» Hollande. En ce môme temps s'assemblèrent les gens de la duchesse Jacqueline de trois à quatre mille combattants, et allèrent devant la vtBe de Homes sur les nmrches de Frise, pour icelle envahir et prendre, dedans laquelle étoit en garnison le seigneur de nie-Adam, le bâ-» tard de Saint-Pol, atout cinq cents combattante ou environ, qui en moult grand* hardiesse isshrent contre leurs adversaires et ennemis, et se férirent en eux de moxilt fort et grand courage ; et en on et conclusion, les vainquirent el mirent en fuite. Et en demeura sur la phtce de morts environ quatre cents, sans les navrés, dont il y en eut grand nombre. Et de la partie du due de Bourgogne furent morts le bâtard de Vïefville et environ dix archers. Pour laquelle déconfiture grand' partie du pays de Hollande se rendit au duc de Bourgogne. Durant toutes ces tribulations, au pays de Hollande y eut plusieurs rencontres et grande* escarmouches par plusieurs fois entre les parties, qui trop longues seroient à raconter chacune à part soi. Néanmoins, la plus grande partie d'iceux rencontres étoient à la confusio»
CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET
des gens de la dite duchesse Jacqueline de Bavière. Et étoit la cause pource que les gens du duc de Bourgogne étoient tous exercilés el excités en armes et faits de guerre, et avec ce avoient grand foison de trait, duquel les Hollandois n'étoienl point accoutumés.