LIVRE PREMIER
fort garnie de grand nombre de gens d'armes anglois et gascons. Si furent dressés plusieurs enclins contre les portes et murailles par les Flruçois , qui fort les dommagèrent : mais ce nonobstant, les dits assiégés se défendirent vifoareosement. Durant lequel siège le dit mesare Clignet de Brabant , amiral de France , se ut sur la mer atout Tingt et deux nefs pleines de gens d'amtes pour rèsisler contre les navires du roi d'An^eterre, qui à grand' puissance pareilionait étoit sur la mer ; et se rencontrë- Irèrent l'un contre l'autre très durement, tant qu'il y eut de chacune partie plusieurs morts et navrés ; mais sans qu'il y eût nulles des dites parties outrées, se départirent l'un de l'autre. Mais les François y perdirent une de leurs nefs, en laquelle étoient Lionnelt de Bracquemont , Amé de Saint-Martin et plusieurs autres, qui étoient audit duc d'Orléans; lesquels ftvent noenés par les An^is à Bordeaux ; et les dits François, c'est à savoir messire Clignet, unirai, messire Guillaume de Yillannes, capiiiine de la RocheQe, messire Charles de Sa- Toity et les autres retournèrent vers Bourg, et racontèrent à icelui duc l'aventure qu'ils avoient eue sur mer : lequel duc , après qu'il eut été environ trois mois au dit siège, voyant la force d'icelle ville, et aussi la mésaise et mortalité qui ètmt en son ost , prit conclusion avec ses capitaines et s'en retourna à Paris , donnant congé à ses gens d'armes. Pour lequel retour le peuple de France et aussi aucuns nobles murmurèrent fort contre lui, pour tant qu'à l'instance d'icelle armée on avoit par tout le royaume levé une grand' taille.