‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 49 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Uiaoil, en pourroit la dite é^ise être mise en grand' dénuon et destrudioD.

£a après le lendemain du jour Saint-Eloi, le roi, qui «voil recouvré santé, fut en personne au dit conseil, et les princes pardessus nomnés «Tecque lui ; et fut au siège royal, auquel fien il promit faire et entretenir tout ce qui ieroit délibéré et conclu par la cour de parlemeoL Et depuis, par aucuns jours ensuivant, fat prononcé et publié par toutes les parties du royaume de France et au Dauphiné que tous les bénéfices ecclésiastiques, tant dignités comme autres, ne fussent donnés par les deux contendants dessus dits. £t avec ce, que les finances qui étoieal accoutumées d'être portées en la chambre apostolique ne fussent plus payées ; ains seroient iceux bénéfices donnés et conférés par les élus souverains et par les patrons ordinaires, ainsi comme jadis avoil été fait, par avant les réservations et constitutions fiités par le pape Clément, sixième de ce nom.

GHÂPmUE XXXI.

l la Liégeois dAoolèrent Jean de BiviAre, leur &i^ 4ie, forneB ^iftl m vonlolt Mr« ordmini poor eonHcrer et bin l'oiBce de l'églUe, comme promii r«voil.

En cette même saison, Jean de Bavière, autretcns dit Sans-Pitié, évéqne de Liège, frère germain da due Guillaume comte de Haînaut, pour ce que nullement à ordres sacrés ne vooioil être promu, jaçoit ce que, au temps passé, eM promis et Jnrè aux Liégeois de l'être, pour cette cause fut dâwutë par eux de la dite évécbè : et en tien de lai ils prirent à seigneur et i évéque un antre : ce fût le fils du seigneur de Pierewes, natif de Brabant *, lequel avoit dixhoit ans on environ, et éloit chanoine de Saint- Lambert de Liège. Et avec ce firent ieeux Liégeois du dit seigneur de Pierewes, père dn vel èvèque, leur principal maimbourg et capir laiae de tout le pays de liège.

Et par avant , icelui Jean de Bavière avoil promis à mettre et résigner son dit évèchè en k main dn dit Bis Pierewes ; et de ce savoient parler, et avoient été aux dites promesses, Antoine, doe de Brabant, Waleran, comte de Saint-Pol, et plusieurs autres notables person-

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nés, lesquelles promesses il ne voulut point entretenir ; et pour ce, en partie par la séduction d'icelui seigneur de Pierewes, s'élevèrent et émurent du tout contre le dit Jean de Bavière, en prenant nouveau seigneur. Lequel de Bavière, voyant la rébellion d'iceux , en fut très mal content et les prit en grand' indignation; et de fait mit en la ville de Bouillon et autres forteresses à lui appartenantes très grand' garnison de gens de guerre, par lesquels il chargea dommager icelui pays de Liège; et puis s'en alla au pays de Hainaul, vers son frère, le comte Guillaume, pour avoir secours de gens d'armes. Et entre temps les communes du pays de iJége firent grand' assemblée et s'en allèrent devant la dite ville de Bouillon « laquelle avec le chfltel ils prirent d'assaut , et murent i mort peux qui éloient dedans.

Et pareillement Jean de Bavière, atout qua» tre cents combattants, entra au pays, versTuin, et ardit plusieurs villages et maisons, et ra- ' mena très grands proies au pays de Hainaut. Mais tantôt après les dits Liégeois entrèrent en grand' puissance au dit pays de Hainaut, et ruèrent jus la tour de Moreaumies, et ardirent la ville; et de là s'en allèrent en la ville de Brabançon, et en plusieurs autres lieux appartenants aiix chevaliers et écuyers du pays de Hainaut, qui avoient été en leur pays; lesquels ils pillèrent tous, et boutèrent les feux en aucunes places, et dégfttèrent tout par feu et par épée.

Durant lequel temps les Hainuyers s'assemblèrent pour les rebouler, mais ils éloient si puissants qu'ils s'en retournèrent çn leur pays sans quelque perte qui soit à raconter ni écrire; et par ainsi fut la guerre d'entre icelles parties du tout émue, et se fortifièrent l'un contre l'autre, chacun en droit soi, au plus diligemment que faire le purenL Et mémement les dits Liégeois envoyèrent devers le pape leurs ambassadeurs remontrer l'état du dit Jean de Bavière et coounent nullement ne youloit descendre & être consacré, ainsi que promis l'avoit, en requérant qu'il fût démis par l'autorité apostolique et en son lieu voulstt confirmer le fils du dit seigneur de Pierewes, qui étoit nouvel élu.

Lequel pape ne leur volt accorder leur requête, pource qu'il étoit sutBsamment informé

CHROMQUES D'ÈNGUERRAlND DE MONSTRELET.

qa'iceux Liégeois autrefois par mûre délibération avoîent donné un Jour préfix au dit Jean de Bavière, en dedans lequel il devoit être sacré, lequel jour n'étoit mie encore passé ; et pourtant, sans rien besogner, iceux ambassadeurs s'en retournèrent au dit pays de Liège devers ceux qui les avoient envoyés, lesquels furent moult indignés contre le dit pai)e Grégoire, pource qu'il ne leur avoit accordé leur requête.

Si conclurent derechef d'enyoyer à son adversaire le pape Bénédict; et de fait y envoyèrent leurs ambassadeurs, lesquels furent bénignement reçus d'icelui Bénédict, et leur accorda et confirma toutes leurs requêtes, en baillant & eux ses bulles de la dite conformation. Si s'en retournèrent joyeusement atout icelles ; et leur sembla qu'ils avoîent très bien besogné.

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