‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 503 sur 761 · LIVRE SEœND · texte numérisé non relu

LIVRE SEœND

booiine d'armes d'Angleterre , nommé Foulques, avec lequel s'ëloient mis aucuns hommes d'armes de la dite partie de Bourgogne, qui se tenoient à la Neufville-le-Rm , en un bel chàtel qu'ils aroient réparé ; et tous ensemble allèrent accueillir la proie de la ville de Creil. Et avoient laissé une embûche, afin que si leurs ennemis sailloienl contre eux qu'ils les pussent surprendre : laquelle chose advint ainsi que l'avoient imaginé ; car messire Jacques de Cbabannes , qui étoit principal capitaine de la ville de Greil, tantôt qu'il ouït l'effroi, s'arma incontinent sans délai et monta à cheval; et de grand' volonté alla férir de plein éiai en ses ennemis, desquels, de première venue, fut pris prisonnier un nommé George de Croix et aucuns autres rués par terre. Et eut, entre icelles parties, très grand' escarmouche; mais, en conclusion, par la vaillantise et secours du dit Foulques, fut le dessus dit JaeqiKS de Chabannes détenu prisonnier ; et avecque lui deux autres chevaliers et aucuns autres des meilleurs gens. Toutefois, en ce faisant, icelui Foulques fut féru & découvert en la gorge de la pointe d'une épëe, d'un bien petit coup, duquel mourut tout prestement. Pour la mort duquel tous ceux de son parti là étant qui de lui avoient eonnoissance eurent au cœur grand' tristesse ; car ils le tenoient pour le plus vaillant et expert en armes de tout le pays d'Angleterre.

Si se rassemblèrent tous les Anglois , desquels pour lors étoient les principaux Bobort de Bozentio et Rdïinet Éguetin. Si emmenèrent leurs prisonniers en leur forteresse, et en dedans assez brefs Jours firent traité avec messire Jacques de Chabannes , par si qu'en pa]fant certaine somme il fut délivré, moyennant aussi qu'il rendit le dessus dit George de Croix.

En ces Jours, le duc de Bedfort, considérant qfa la forteresse du Ch&teau-Gaillard étoit située en moult fort lieu et avantageux pour grandement grever et guerroyer le pays de Normandie , se conclut que avant que ses ennemis, qui dedans étoient, fussent pourvus de vivres et fortifiés de gens, de les faire assiéger par les Anglois : laquelle chose il fit. El y tat le siège de six & sept mois, en la fin desquels les assiégés rendirent la dite forteresse par

faute de vivres, et s'en allèrent atout partie de leurs biens.

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