‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 585 sur 761 · CHAPITRE CXLin · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXLin

Conment les Franfoif écketèrent la TiDe de Ct»rJ «■ Taioif, et pliuieurt autres matières.

Durant ces tribulations, les gens du roi prirent par échelles , à un point du Jour , la ville de Crespy en Valois , tenant le parti des Anglois; et en étoit capitaine le bâtard de Thien, lequel, avecque grand* partie de la garnison et de ses habitants , fut pris , et tons les biens pillés et ravis , avec plusieurs autres maux grands et innunîérables qui furent faits,

et par la manière qu'il est «ccoatomé de faire en ville conquise. La nuit de l'Ascension de cet an, se rémurent les Gantois contre les oîRciers du prince et les gouverneurs de la ville ; mais le souverain échevin de la ville se mit sur le grand marché atout la|banniére du comte de Flandre , bien accompagné , avant que les mouvements fussent assemblés ; lesqoeb , voyant qu'ils ne pouvoient mener leur intention à fin, se rendirent fugitifs ; et les aucai» forent depuis pris et punis par les souverains gouverneurs de la ville de Gand. En ces jours Ait prise la ville de Bruyères en Laonnois , sar les gens du roi Charles , par aucuns des gens de messire Jean de Luxembourg, comte deLigny, desquels étoit l'un des meneurs Yillemet de Hainaut, capitaine de Montagu ; pour laquelle prise ceux de la ville de Laon furent en grand effroi, doutant qu'en icelle ne ftit en bref temps mise puissante garnison contre eox; et pour tant se garnirent et fournirent de gens de guerre au mieux que bonnement faire le purent pour y résister.

CHATITRE CXUV.

Comment le duc de Bourgogne tint la journée de Pusj; el comment il flt assiéger la ville et forteresse d'Aralon.

Le premier jour de septembre vena, le duc de Bourgogne , qui par avant avoit mandé es parties de Bourgogne tous ceux qui l'avoient accoutumé de servir , tint la journée pour la reddition de Passy, dont dessus est foite mention. A laquelle journée vinrent en son aide le seigneur de^e-Adam, maréchal de Ftrance, de par le roi Henri, et messire Jean de Talbot, anglois, atout seize cents combattants ou environ , lesquels furent du dit due reços œoolt joyetisemenf , et fit très beaux dons à icenx seigneurs et leurs gens. Toutefois les dits François ne comparurent pas à la dite journée , par quoi ceux de la dite forteresse de Passy , si comme promis l'avoient , la rendirent en la main du dessus dit duc de Bourgogne , et se départirent sur bon sauf-conduit. El après, le dit duc envoya aucuns de ses capitaines mettre le siège entom* Avalon , dedans laquelle éfoit capitaine un nommé Forte-Epice, atout deux cents combattants , fleur de gens d'armes roides el bien instruits de la goenv.

UVRE SECOND

qui moult VBillamment se défendirent. Et étoient tes principaux assiégeants , c'est h savoir t de Bourgogne , te seigneur de Chamy , Philebert de Yandray et aucuns autres ; et de Picardie , y étoient messire Jean , b&tard de Sainl-Pol , le seigneur de Humiéres et plusieurs autres nobles hommes, tesquels en grand' hardiesse approchèrent leurs ennemis, et se logèrent grand' partie au plus près des fossés. Si firent dresser plusieurs engins, dont la muraille d'iodle ville fut fort travaillée et en Baoult de lieux abattue, et tant qu'iceux assiégeants , espérant icelle prendre de force , loi livrèrent, un grand assaut , duquel ils furent par force rebootés et reculés ; mais, finalement, les dits assiégés, doutant qu'enfin ne fussent pr» de force , et non ayant espérance de secours, s'effrayèrent si tori que par nuit se départirent d'illecque, en desroi, par une poterne qui point n'édoit bien gardée. Mais, ains qu'ils fussent tous hors , furent aperçus de leurs ennemis , lesquels s'armèrent et vigoureusement se férirent en eux , si en prirent et occirent plusieurs ; et le dessus dit Forte- Épice et aucuns des principaux se sauvèrent par fuite. Et adonc fut la dite ville soudainement assaillie et prise sans trouver quelconque défense. Dedans laqueUe fut prise la femme d'iodui Forte-Épke et plusieurs de ses gens, avecque aucuns paysans , et tous les biens d'ioelle pris et ravis.

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