CHAPITRE CLVI
Comment l« fi>rt do Saint-Vincent, emprés taon, Ait démoli ; et comment plutieun forteresses furent conquises par les Bourguignons.
En icelui même temps, le duc de Bourgogne se partit de ses pays de Picardie atout deux mtUe combattants, pour retourner en ses pays de Bourgogne. Avec lequel s'assemblèrent messire Simon de Lalain et Robert de Saveuse. Si prit son chemin vers Cambrésis , et de là à Grécy-sur-Serre et à Provins ; et lors les François étoient en grand nombre à Laon , venus en intention d'assiéger le fort de Saint-Vincent, où étoient les gens de~messire Jean de Luxembourg, comme dit est dessus. Lequel comte, de ce averti, envoya ses messagers à Vervins devers le dit duc, requérant qu'il voulût retourner atout ses gens d'armes au dit lieu de Crécy , et illec séjourner deux ou trois jours, afin que les dessus dit François étant à Laon se partissent. Laquelle requête lui accoirda et revint loger au dit lieu de Crécy ; et entre-temps, traités se commencèrent à faire entre le dit de Ligny et ceux de la ville de Laon ; lesquels enfin furent conclus par condition que ceux qui étoient dedans le dit fort de Saint-Vincent départiroient saufs leurs vies et leurs biens , et le dessus dit fort seroit démoli. Lesquelles besognes faites et accordées , le dit duc s'en alla parmi la Champagne en son pays de Bourgogne, et rassembla derechef avec ceux qu'il avoit amenés grand nombre de Bourguignons et Picards là étant. Si les envoya assiéger la ville et forteresse de Chaumont en Gbarolois , que tenoient les François ; lesquels , en assez bref temps ensuivant, furent par les dits assiégeants si fort travaillés et contraints qu'ils se rendirent en la volonté d'icelui duc de Bourgogne, lequel en fit pendre cent et au-dessus ; et étoil
CHRONIQUES D'ENGUERRÂJND PE MONSTRELET
lors l9 cbef pour les Picards, en l'absence du dit duo, messire Jean, bAtard de Saint-Pol. Et est à saroir que de ceux qui furent pendus ëtoit l'un le fils de Rodrigue de Yillandras ; et après se rendirent au capitaine d'icelui duc ceux du dit fort , et furent pendus comme le^ autres. Après assiégèrent Benam ; si se rendirent ceux de dedans sauves leurs vies, eux départant le bftton au poing; et de là, tant par sièges comme par assauts, mirent en teur obéissance plusieurs villes et forteresses que tenoienl les François.