CHAPITRE CCX
Comment la duchnse de Bcdrort, tceur au comte de Saint- Pol, le remaria de n franche roloniA ; et comment le roi Charles de Sicile traita arec le duc de Bourgogne i caïue de sa détirraoce; et comment lea Anglois reprirent la ville de Pontoise.
En l'an dessus dit, la duchesse de Bedfort, sœur au comte de Sainl-Pol, se remaria de sa franche volonté à un chevalier d'Angleterre, nommé roessire Richard d'Oudeville, lequel étoit jeune homme moultbeletbien formé de sa personne ; mais au regard de lignage, il n'étoil point pareil à son premier mari le régent ni à elle. Si en fut Louis de Luxembourg, archevêque de Rouen, et autres ses prochains amis aucunement mal contents; mais ils n'en purent oncques avoir autre chose. Et après, environ le mois de novembre , Jacqueline de Ba-
vière, qui étoit épouse franche dé tiorsefle, après que par long temps elle eut gen en son lit de maladie langoureuse , alla de vie à trépas ; si succéda le duc de Bourgogne en toutes ses seigneuries.
En ce même temps, vers la Saint-Andriea , vinrent devers le duc de Bourgogne à Lille en Flandre, où il tenoit son état, le roi de Sicile, duc d'Anjou, le duc de Bourbon, le connétable de France, le grand-chancelier de France et plusieurs autres grands seigneurs et notables princes ; lesquels il reçut et festoya très honorablement ; et après furent les traités ouverts d'entre le roi Charles de Sicile, dessus nomme, et leducde Bourgogne, touchantladélivrance de sa prison, dont en autre lieu est faite mention : car encore n'étoit sa foi acquittée pour sa prise; mais étoient aucuns de ses enfants demeurés ôtagiers pour lui au pays de Bourgogne. Lesquels traités vinrent enfin à conclusion, moyennant que présentement le dessus dit due de Bourgogne eût la possession de la terre et châtel appartenant à celui roi, laquelle étoit moult bonne et profitake ; et avec ce, promit à payer certaine somme de deniers, pour la sûreté de laquelle il bailla en' otage, en ses duchés de Bar et de Lorraine, quatre bonnes villes et forteresses, c'est à savoir Neuf-Châtel ea Lorraine, Clerroont en Argone, Princhy et Liu/, que le dit roi devoit bailler, quand requis en seroit. Esquelles villes et forteresses le dessus dit duc de Bourgogne mit garnison et capitaines de par lui.
Et par ainsi, le roi dessus dit fut acquitté de sa foi, et r'eut ses enfants ; car A présent ne furent baillés en la main du dit duc que les deux enfants premiers, et eut sûreté p&i promesse d'avoir les deux autres; si faute de paiement y avoit. Et àce faire, pour les bailler; s'obligèrent avec le dit roi messire Colard de Saussy et Jean de Chambly. Et après toutes ces besognes accomplies, comme dit est, le dit connétable de France traita avec messire Jean de Luxembourg, qui étoit au dit lieu de Lille, que la guerre d'entre lui et La Hire, pour la prise de Soissons, cesseroit sur forme d'appointement ; et si fut au dit messire Jean de Luxembourg rallongé son jour de faire serment au roi de France, jusqu'au jour Sainl-Jean-Baplisle ensuivant, ou de lui déclarer partial, par tel à